Le Palais au bord du vide

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Plus de quatre heures. Jamais sans doute des informateurs n’avaient été aussi longtemps retenus au Palais royal. Surtout pour finalement annoncer que rien ne change. Une semaine de sursis avant d’affronter la réalité : il est devenu impossible de former un gouvernement fédéral à la suite des résultats électoraux du 26 mai dernier.

Explorer l’impossible

Avant le précédent rapport au Palais, il était déjà question de mettre un terme à la mission Coens-Bouchez. Les deux informateurs avaient pourtant obtenu une semaine de rabiot. A sa sortie du Palais, Georges-Louis Bouchez annonçait pourtant un peu mystérieusement : i"l y a des choses qui se montrent plus claires et qui le seront encore plus dans les toutes prochaines heures". Une semaine plus tard, la seule chose qui paraît claire, c’est la persistance du blocage et l’échec à ce stade de la mission du duo des nouveaux présidents.

Il faut bien dire que cette mission bute, comme les précédentes, sur la même réalité : le CD & V n’entend pas lâcher la N-VA, avec qui le PS constate qui lui sera impossible de diriger le pays. Deux légitimités se font face et semblent irréductibles : d’une part la volonté que le futur gouvernement fédéral ne soit pas minoritaire dans la plus grande (et plus riche) communauté du pays et d’autre part, le renoncement des engagements pris devant les électeurs-citoyens.

De plus, en mission depuis plus de six semaines, les informateurs actuels ne partagent les mêmes perspectives ; Georges-Louis Bouchez a dû renoncer (provisoirement ?) à sa "Quatre Saisons" (socialistes + libéraux + écologistes + CD&V) pour travailler à l’option imposée par les cadres du CD&V à leur tout nouveau président : garder la N-VA.

Les véritables informateurs

Dans cette option, les informateurs se retrouvent réduits à un rôle d’entremetteur (cela fait partie de leur job description) entre Paul Magnette et Bart De Wever. Les deux hommes ne se sont d’ailleurs pas privés de dire ce qu’ils pensaient des positions de l’autre. Les deux principaux partis se sont échangé leurs arguments lors d’une trentaine de réunions et jamais l’ensemble des partenaires d’une putative coalition n’a été réuni autour d’une même table.

PS et N-VA constatent et font constater ce que l’on sait depuis avant le scrutin : impossible de gouverner ensemble.

Au vu de l’accumulation des impossibilités, le chef de l’État se retrouve au bord du vide. Une semaine supplémentaire d’occultes tractations ne devrait rien y changer. Le pays est au bord du gouffre (politique et institutionnel), il ne lui reste plus qu’à effectuer un gras pas en avant…

 

@PhWalkowiak

 

 

Journal télévisé 13H

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