Le moteur essence qui se veut l'égal du diesel

Encore un (joli) SUV de plus. Mais c'est sous le capot qu'il se démarque des autres.
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Encore un (joli) SUV de plus. Mais c'est sous le capot qu'il se démarque des autres. - © Tous droits réservés

Alors que de plus en plus de véhicules électriques déboulent sur le marché, les ventes de voitures à essence ne se sont plus aussi bien portées depuis le début des années '90. Bien entendu, le dieselgate est passé par là et le mazout n'est plus en odeur de sainteté. D'autant que des odeurs nauséabondes, ce carburant n'en manque pas. Comme les voitures électriques restent très onéreuses et doivent composer avec d'autres inconvénients (l'autonomie, le temps de recharge et surtout le faible nombre de bornes), le choix du consommateur est restreint.

Bien sûr, on peut évoquer la motorisation au gaz naturel, le CNG, mais le choix de modèles et le réseau de stations de distribution restent limités. Le LPG n'a plus la cote et l'hydrogène est hors de prix. Bref, si on ne pense qu'en terme de budget et de facilité d'utilisation, l'essence s'impose comme le carburant incontournable. Sauf qu'un moteur essence consomme plus qu'un diesel, surtout dans le cas de véhicules lourds, et rejette donc plus de CO2 qui est un gaz à effet de serre. Alors, pourquoi pas un moteur essence qui consommerait comme un diesel ? C'est ce que les ingénieurs de Mazda viennent de concevoir.

De belles promesses

Le Skyactiv-X est le nom de ce nouveau moteur. Il fonctionne un peu comme un diesel, avec un allumage spontané lorsque la compression et la température sont assez élevées. La présence de bougies créant les étincelles et que l'on trouve sur tous les moteurs essence n'est là que pour initier et contrôler l'allumage. Le mélange est dit "maigre", c'est à dire qu'il nécessite peu de carburant pour beaucoup d'air, ce qui permet d'abaisser les consommations. La fiche technique est alléchante et depuis la présentation de ce système il y a quelques années, c'est peu dire que le monde de l'automobile attendait de vérifier concrètement les promesses du constructeur japonais.

C'est évidemment ce que nous avons fait ! Installé à bord du nouveau CX-30, un SUV familial pas trop grand, dérivé de la compacte Mazda 3, le moteur nous a surpris à plus d'un titre, prouvant une fois de plus que le petit constructeur d'Hiroshima ne fait rien comme les autres.

Sentiments mitigés

Ce bloc de 2 litres de cylindrée annonce plus de couple et de puissance qu'un équivalent traditionnel. Nous, on veut bien le croire sauf que la plupart des moteurs de la concurrence sont passés au turbo depuis belle lurette, ce qui n'est pas le cas du Skyactiv-X. Alors, si les accélérations sont honnêtes à défaut d'être sportives, malgré les 180 chevaux, les relances sont plutôt anémiques. Pour dépasser en toute sécurité, il ne faut pas hésiter à redescendre un ou deux rapports de vitesse et envoyer l'aiguille du compte-tour vers des valeurs qu'on n'a plus l'habitude de fréquenter. Cela ne se conduit en tout cas pas comme un bon gros turbo-diesel, c'est sûr. A noter qu'avec le régulateur de vitesse bloqué sur 120 km/h, le véhicule à boîte automatique et quatre roues motrices qu'on a d'abord essayé a rétrogradé en... troisième sur la E-411, dans la côte de Wavre !  On ne saurait que trop vous conseiller la boîte manuelle, probablement l'une des meilleures au monde.

Si l'on veut économiser un maximum de carburant avec cette dernière, il convient de suivre l'indicateur du changement de vitesse. A croire que le moteur a été conçu pour évoluer au ralenti car à allure constante, il suggère de passer la sixième avant même d'atteindre les 50 km/h. Du jamais vu.

On pourrait parler de la multitude d'équipements de sécurité, de l'excellente tenue de route assez ludique, de la bonne finition ou de l'amortissement vraiment (très) ferme, mais on va plutôt se concentrer sur la consommation. Est-ce qu'elle est contenue pour un SUV de 1 400 kg ? Oui. Est-ce qu'elle vaut celle d'un diesel ? Non.

Avec la transmission 4X4 et la boîte automatique, que nous avons peu appréciée, nous avons réalisé une moyenne de 8 l/100 km. Tablez sur près d'un litre de moins avec la boîte manuelle et les deux roues motrices. En conduisant de manière similaire, le grand break Mazda 6 2.2 diesel tourne aux alentours des 6 l/100 km, tout en étant également chaussé de pneus hiver, qui pénalisent légèrement la consommation.

Alors que les résultats sont finalement honnêtes, ils ne marquent pas une révolution. Sans doute que nous attendions un peu trop de cette technologie efficace mais pas miraculeuse non plus.

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