Le mot du jour : "Narval"

Narval, grand mammifère cétacé de l'océan glacial arctique. Le narval possède une incisive supérieure gauche particulièrement développée qu'on appelle corne de licorne ou corne de narval. Je vous parle de narval puisque qu’on en a retrouvé un hier dans l'estuaire de l'Escaut. Le corps de l'animal, sans doute mort depuis une dizaine de jours, était échoué sur le sable.  Petite corne, 50 centimètres. Animal amaigri. Corps en décomposition, vous avez peut être vu les images à la télévision. Le narval est un animal du pôle nord. C'est la première fois qu'on retrouve un dans nos contrées, de quoi pimenter la curiosité des vétérinaires. Pourquoi notre narval était-il descendu tellement au sud ?

Si le narval, animal mythique,  nous fascine c’est bien sûr en raison de son appendice. L'utilité de cette corne continue d'ailleurs de passionner les scientifiques. Si elle est  présente chez les spécimens mâles il arrive que des femelles la porte. Dans certains cas très rares on a pu observer des animaux arborant, non pas une, mais deux cornes. Cette excroissance sert-elle à se battre, à harponner des proies ou  à briser la glace comme on le croyait autre fois ? Les scientifiques savent aujourd'hui que cette corne  du narval ressemble à  une dent inversée : email l'intérieur, pulpe à l'extérieur,  une multitude de terminaisons nerveuses en prime. La corne servirait  donc à analyser la température, la salinité, la pression de l'eau, elle serait même capable de détecter les odeurs ou les hormones des congénères. Ces découvertes nous chagrinent : elles limitent notre imagination. C’est pourtant en découvrant le narval que l’homme a phantasmé son équivalent terrestre,  la licorne.

Narval, mot islandais

Du norrois  (l'ancien islandais)  Wal signifiant baleine et Nar cadavre, pour la couleur grise de l'animal. Pour les scientifiques le narval est le monodon monoceros (une dent, une corne). Et notre fameuse licorne une déformation de unicorne. Ce matin, ça n'a rien à voir, mais vous lirez dans vos journaux des articles sur le patron de la SNCB qui quittera bientôt son poste. Jo Cornu, malgré son nom,  n’a rien d’un Narval.  Pour le remplacer on cherche donc un homme compétent, disposant d'une vision, capable de convaincre les cheminots et leurs syndicats, indépendant des partis politiques, bon gestionnaire, partisan du service public. Un homme dont la mission sera d'inventer le rail de demain, de réaliser le RER et de nous donner envie de (re)prendre le train. Entre la licorne des mers  et ce patron-là, le mythe n'est pas forcément celui qu'on croit.

 

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