Le long parcours du parcours

Le long parcours du parcours
Le long parcours du parcours - © Tous droits réservés

Ce matin le ministre Wallon Maxime Prévot va présenter au gouvernement wallon son projet de parcours d’intégration obligatoire pour les primo-arrivants. Politiquement, il vient de jouer un coup gagnant.

Sens du Spectacle

Maxime Prévot a mis ce qu’il faut de sens du spectacle dans l’annonce de la décision. Vous le savez l’habitude veut qu’un projet de cette ampleur soit d’abord évoqué formellement en gouvernement même si les arbitrages ont déjà eu lieu entre ténors.

Ça n’a pas été le cas ici, Maxime Prévot a pris tout le monde de court. Devant le parlement, il a surpris les députés, de l’opposition bien sûr, de la majorité peut-être même encore plus.

L’objectif est atteint, ce parcours d’intégration obligatoire restera comme une mesure labellisée CDH (une mesure labellisée Maxime Prévot même) plus que comme une mesure du Gouvernement Wallon ou que comme une mesure MR qui la défend depuis longtemps dans l'opposition. Le CDH se démène pour se différencier du PS, ici c’est réussi et cela va marquer le duo PS-CDH, très certainement.

Retournement de situation

Globalement ce sont surtout les socialistes qui s’opposaient au caractère obligatoire. Leur argument : la citoyenneté est un ensemble de droit, et pas le résultat de devoirs, d’obligations. Une opposition de principe menée à grand renfort de critiques contre la Flandre qui l'avait décidé depuis 10 ans et contre le MR qui la défendait l’idée

Mine de rien sur le plan de la philosophie politique c’est un vrai retournement.

Le caractère obligatoire est devenu un symbole. L’obligation sert d’abord à faire passer un message politique à l’opinion. Un message de fermeté. Une fermeté plutôt incarnée aujourd'hui par la NVa au niveau fédéral. Le CDH en Wallonie ne voulait pas rester de marbre, le PS ne pouvait plus résister.

Bruxelles en rade

Bruxelles, particulièrement concernée par l’intégration, ne prend pas la même direction, pas encore. Peut-être la volonté de ne pas froisser un électorat d'origine étrangère. Autre explication le coût des ce parcours. Et puis vive la Belgique il y a toujours une explication communautaire. Il y a compétions entre les parcours d'intégration flamands et francophone. Avec une crainte flamande de voir des immigrés choisir le parcours francophone et venir s'installer ensuite en périphérie. Et oui…

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK