Le dîner de cons du PTB

Le PTB invité a un dîner de cons
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On devrait cette semaine savoir si une coalition de gauche PS-PTB-Ecolo est possible. Les socialistes invitent le PTB et Ecolo à un deuxième tour de table aujourd’hui en Wallonie. Soyons clairs, à l’heure où l’on parle, on n’en prend pas le chemin. Le PTB est très isolé. Tant au PS que chez Ecolo, on attend avec beaucoup de scepticisme de voir ce que le PTB met réellement sur la table. Un signal, il n’y a quasiment eu aucun contact bilatéral entre les pontes du PTB et les pontes du PS, pas beaucoup plus entre les dirigeants d’Ecolo et ceux du PTB.

Du coup, côté communiste, on a plus que l’impression de se retrouver à un dîner de cons. Un dîner où PS et Ecolo attendent en réalité que le PTB se vautre, s’auto-exclue en formulant des exigences irréalistes, ou jugées comme telles, puisqu’il est entendu pour les socialistes et écologistes que le PTB ne veut pas monter au pouvoir, mais qu’il fait juste semblant. Puisqu’ils pensent cela, PS et Ecolo doivent juste faire semblant qu’ils font tout pour réaliser une majorité “rouge vif”. Tout le monde part du présupposé que l’autre fait juste semblant. Et son prénom c’est Juste Leblanc. Un vrai dîner de cons…

Pourquoi le PS et Ecolo craignent-ils le PTB ?

Il y a évidemment les exigences du PTB, son inexpérience, sa radicalité. Mais avant même de parler programme, ce qui pose problème est ailleurs. Il y a la situation fédérale. Une alliance avec le PTB aurait un impact symbolique et politique majeur. Un impact fort en particulier au nord du pays. Cela précipiterait la crise et rendrait plus complexe encore une solution fédérale qui passera quasiment obligatoirement par une alliance où figureront le PS et le MR a tout le moins.

Que demande le PTB qui pourrait faire échouer ces négociations ?

C’est très compliqué de savoir ce qui est concrètement au menu de ce dîner. Les infos sont contradictoires et incomplètes. On parle de construction massive de logements publics, d’arrêt des exclusions de chômeurs. Ce qui risque d’être au cœur de la bataille de communication qui va se jouer cette semaine, ce sera surtout la rupture réclamée par le PTB. La rupture avec les politiques d’austérité ou jugées comme telles. La rupture, notamment avec le cadre budgétaire européen. À propos de rupture tiens, PS et PTB se remémoreront peut-être la saillie de François Mitterrand en 1971 au congrès d’Epinay. Le congrès où il a pris le pouvoir au sein du PS avec une idée, unir les socialistes et les communistes dans un programme commun :

Celui qui n’accepte pas la rupture (la méthode, ça passe ensuite). Celui qui ne consent pas à la rupture avec l’ordre établi (politique, cela va de soi, c’est secondaire) avec la société capitaliste, celui-là je le dis, il ne peut pas être adhérent du Parti Socialiste.

Attention, le contexte est bien différent. Le PTB n’est pas comparable à l’historique PC français de l’époque. Ce qui frappe ce sont les précautions langagières. En particulier "la méthode ça passe ensuite". Il savait très bien, Mitterrand que tout était question de méthode. Le programme commun ne tiendra que jusqu’en 1977. Cela n’empêchera pas que ce rapprochement avec le PC lui permettra d’être élu en 1981. La méthode se rappellera à tous et ce qui reste du programme commun de rupture sera largement abandonné, pour plus de rigueur. Le parti communiste a quasiment disparu après ça. Le PS aussi d’ailleurs, mais beaucoup plus tard, victime le quinquennat de François Hollande. La rupture unit la gauche et la méthode la divise. C’est ça le rappel de François Mitterrand.

 

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