Le dernier 1er mai

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Depuis l’alignement des scrutins en 1999, le 1er mai s’est régulièrement mué en dernière répétition avant l’échéance électorale toute proche. L’exercice est alors immuable : convaincre les convaincus et adresser un message médiatique au-delà.

Mobilisation

Cette cuvée 2019 aura aussi consacré l’arrivée de la problématique climatique dans les discours de circonstance. C’est une grande première. Et par ricochet, la mise en cause du programme d’ECOLO que les sondages (à propos desquels on nous répète pourtant qu’ils n’ont pas d’importance) portent aux nues.

En un an, le ton a changé. En 2018, le MR n’imaginait pas autre chose que de rempiler dans une même coalition et le PS se présentait en seule et unique alternative.

Les élections communales, des sondages relativement unanimes et deux " chutes " de gouvernement sont désormais passés par là. Le PS tente de faire oublier qu’il se dirige (selon les sondages) vers le plus mauvais score de son histoire ou que désormais dans le camp " des gauches " il ne serait plus majoritaire. Au MR, sans le dire, l’état d’urgence a été proclamé et il faut tenter de sauver ce qui peut l’être. Dans cette perspective, chacun tente d’abord de (se) rassurer et mobiliser les siens ou comment éviter une hémorragie électorale.

Élections

Pour ces deux partis, se pose désormais la question du leadership après le 26 mai. En 2014, le PS avait usé de sa position pour accélérer la formation des exécutifs régionaux et communautaire… ce qui a alors précipité le seul MR dans les bras de la coalition flamande de droite et laissé les socialistes sur la touche fédérale.

Depuis, les cartes ont été rebattues et le paysage politique francophone s’annonce plus éclaté que jamais. Quels seront les futurs rapports de force ? Sachant que celui qui arrive en tête dans les régions devient le formateur. Ce n’est toutefois écrit nulle part ni précisé ce qui arrive si le premier parti n’est pas le même à Bruxelles et en Wallonie (comme en 1999) et n’arrive pas à s’entendre (en 1999, libéraux et socialistes avaient prévus de gouverner ensemble dès avant le scrutin).

Ce 1er mai avait donc un fort parfum électoral… sans doute le dernier avant longtemps, puisque plus aucun scrutin n’est à l’agenda belge avant … 2024 !

De quoi retrouver l’odeur du muguet et des revendications sociales.

@PhWalkowiak

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