Le décumul par les urnes

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Les élections communales auront bousculé quelques maisons communales et surtout fait vaciller ou chuter quelques fauteuils mayoraux que l’on croyait pourtant durablement ancrés. Des ministres pourtant populaires en ont fait les frais. Visiblement, le citoyen n’aime plus trop le cumul.

Casquettes multiples

Il paraît loin le temps où Edmond Leburton, Guy Spitaels, Elio Di Rupo, Guy Lutgen, Serge Kubla, etc. étaient réélus bourgmestre sans pratiquement faire campagne, tant le prestige de leurs fonctions ministérielles, les investissements publics dans leur ville suffisaient.

Rudy Demotte, François Bellot ou Pierre-Yves Jeholet viennent de perdre la fonction qui leur tenait sans doute le plus à cœur. Déjà battu en voix de préférence en 2012, après son parachutage depuis Flobecq, Rudy Demotte (PS) avait malgré tout conquis le mayorat de Tournai, puisque le PS était la principale force locale. Cette fois, il bat Marie-Christine Marghem, mais se voit dépasser par son faisant fonction, Paul-Olivier Delannois.

A Herve, le ministre Pierre-Yves Jeholet poussait la liste et rien ne semblait devoir lui arriver. De fait, sa liste réalise exactement le même score (52,3%) qu’en 2012 mais, il est lui aussi battu par son ff, voyant ses voix de préférence fondre de 4162 voix à 2370 !

François Bellot (MR) occupe confortablement le fauteuil mayoral de Rochefort depuis 1995. A 64 ans, il tenait sans doute à préparer la suite ; il s’alliait cette fois avec le jeune … socialiste Pierre-Yves Dermagne, lui laissant même la tête de liste. Jusqu’ici, l’actuel ministre de la Mobilité avait survolé les scrutins locaux. Cette fois, il passe de 2439 voix à 1546, battu par son partenaire de liste (2109 voix pour P-Y Dermagne).

D’autres ministres-bourgmestres empêchés ont senti passer le vent du boulet. A Flémalle, la ministre de la FWB Isabelle Simonis passe de justesse pour… 30 voix devant sa ff. A Dour, le pourtant populaire ministre-organisateur de festival Carlo Di Antonio est battu en voie de préférence par son adversaire socialiste. Il sera bourgmestre vu que sa liste reste la plus forte mais il passe de 2963 voix de préférence à 2292.

A Marche-en-Famenne, les ministres Collin et Borsus sont battus par André Bouchat (79 ans) mayeur en place depuis 1986.

Il y a d’autres exemples : De Bue, Flahaut, Marcourt, Marghem ou Alda Greoli même pas élue à Liège.

Investissement local

Les récentes affaires semblent avoir poussé les citoyens à privilégier ceux qui s’investissent pleinement dans une seule fonction. Ainsi, généralement, on constate qu’une fois aux affaires, ECOLO se prend une gamelle au scrutin suivant. Tous les nouveaux bourgmestres verts de 2012 augmentent leur score. Des bourgmestres socialistes comme Willy Demeyer comme Philippe Close doivent d’avoir sauvé les meubles sans doute d’avoir fait clairement le choix du seul mayorat. Cela vaut pour Florence Reuter (MR) à Waterloo qui avait quitté ses fonctions parlementaires pour se consacrer uniquement à sa ville.

L’air du temps semble être au " un mandat= un homme ou femme ". Le citoyen procède lui-même au décumul. Ministre n’est plus gage de popularité locale.

Les prochains bourgmestres tentés par une fonction ministérielle savent désormais à quoi s’en tenir…

 

@PhWalkowiak

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