Le coquelicot, l'opium du peuple

Le Coquelicot, l'opium du peuple
Le Coquelicot, l'opium du peuple - © Tous droits réservés

Aujourd’hui, on se rend compte que le coquelicot est de la famille des pavots. Cette famille de plantes dont on tire de l’opium. Comme nous l’apprend Wikipedia :

Les pavots contiennent presque tous des alcaloïdes qui peuvent être toxiques, avoir des propriétés somnifères, sédatives ou analgésiques, voire être utilisés comme produits stupéfiants.

Oui, le coquelicot a été l’opium du peuple de gauche. Il a permis d’oublier un temps, la réalité, celle des urnes et des chiffres.

Ce qui est évident aujourd’hui, c’est que le 26 mai Ecolo et le PS ont menti. Quand Elio Di Rupo a dit “que les résultats indiquent un réel succès du PS” ou qu’Ecolo célèbre “une vague verte”, ils n’ont pas dit la vérité.

Car, à la différence de Bruxelles, en Wallonie, Ecolo n’a pas atteint ses espérances. Avec 14%, il est en dessous de ses 18% de 2009 et de 1999. Ecolo est déçu de son score. Le PS est à son plus bas historique. Pas autant que prévu par certains sondages (et encore pas tous), mais pour un parti d’opposition c’est une défaite sévère. Le rêve de coalition PS-Ecolo est brisé pour trois sièges. Ni Jean-Marc Nollet, ni Elio Di Rupo n’ignoraient ça. Mais dès le lendemain de l’élection, ils ont préféré faire comme si ça n’était pas un problème et ont préféré servir de l’opium du peuple de gauche.

Perte de temps ?

Depuis les annonces successives de retrait du cdH et du PTB, il y a un mois. Mais de leurs points de vue, le temps n’est pas perdu. C’est une forme de pédagogie de l’après élection. Comme s’il fallait tout ce temps pour que l’électeur accepte, accepte que le cdH est en crise. Proche de la disparition au fédéral et à Bruxelles. C’est moins le cas paradoxalement en Wallonie où le cdH garde son rôle de faiseur de roi. Rôle qu’il utilise très cyniquement en décidant de tuer le coquelicot pour affaiblir Ecolo.

Comme s’il fallait tout ce temps pour que l’électeur accepte que le PTB capte 10 sièges. Enlève cyniquement 10 sièges du rapport de force gauche droite pour affaiblir le PS. Comme s’il fallait tout ce temps pour que tout le peuple de gauche accepte qu’en Wallonie, le MR n’est pas défait. En recul certes, mais pour un parti sorti laminé de son expérience fédérale, ces 20 sièges wallons sont une bouée de sauvetage.

Oui, il faut du temps pour abandonner ses illusions et que l’effet de l’opium se dissipe…

Va pour une PS-MR-Ecolo ?

Désormais PS-MR ou PS-MR-Ecolo sont les deux solutions restantes. Cela dépendra des militants d’Ecolo et de l’attitude du MR dans cette négociation. On le sait depuis un mois, mais tel a été le prix de la stratégie d’Ecolo et du PS. Stratégie brillante d’ailleurs. D’abord, elle place dans l’inconfort le cdH et le PTB face à la société civile associée (instrumentalisée) au projet. Ensuite, elle lie publiquement le PS et Ecolo dans un pacte. En face, le MR qui aura bien du mal à le contourner.

Quelle est donc la faiblesse de cette stratégie de l’opium ? C’est évident, la gestion de la descente. La dissipation des effets, le retour au réel est parfois brutal. Et le premier effet est qu’il va désormais falloir inventer une autre histoire. Avec le MR. Or, le coquelicot a ostracisé, quasiment humilié les libéraux. La majorité wallonne sera quoi qu’il arrive désormais perçue comme une majorité par défaut. Une majorité qui se pince le nez. Une majorité la mort dans l’âme. C’est ce qu’espéraient très stratégiquement le PTB et le cdH. Le PS ne peut plus l’éviter désormais. Ecolo lui va devoir choisir. Le choix sera douloureux. Car le problème de l’opium c’est qu’on finit par ne plus supporter la réalité. On devient prisonnier d’un rêve. Prisonnier du pavot et de son illusion.

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