Le chômage baisse en Flandre, mais tout n'est pas si rose…

Bonne nouvelle pour le marché du travail flamand : pour la 5e année consécutive, le taux de chômage de la Région est en baisse et se situe aujourd’hui à 5,7%. La tendance est donc très favorable, mais à y regarder de plus près, tout n’est finalement pas si rose…

Plusieurs quotidiens en parlaient mardi : le nombre de demandeurs d’emploi a encore baissé en 2019. Différents groupes restent toutefois particulièrement vulnérables. Le journal De Tijd s’est ainsi penché sur la situation des personnes d’origine étrangère, dont la mise à l’emploi reste un vrai défi pour la Flandre. Le nord du pays est d’ailleurs à ce niveau l’un des plus mauvais élèves européens. Aujourd’hui, près de 30% des chercheurs d’emploi sont de nationalité non-européenne, ou des Belges originaires d’un pays non-européen.

La faute à qui ?

Différents facteurs jouent un rôle. Il arrive évidemment que les personnes d’origine étrangère n’aient pas le niveau de langue ou de formation requis. Mais d’après l’économiste de l’Université de Gand, Stijn Baert, les employeurs font, eux aussi, partie du problème. Les patrons ont souvent tendance à favoriser les candidats d’origine belge, par crainte parfois de susciter la méfiance de certains clients. Avoir un nom étranger peut donc être un véritable obstacle pour l’obtention d’un entretien d’embauche.

Le problème serait également d’ordre culturel : moins de la moitié des femmes d’origine étrangère sont aujourd’hui actives sur le marché du travail. Une situation qui est, il faut le dire, également liée au prix élevé de la garde d’enfants.

Aux yeux de l’éditorialiste de la Gazet van Antwerpen, il existe aussi un réel souci au niveau de l’enseignement flamand, surtout dans les villes, où les jeunes d’origine étrangère sont nombreux, où le décrochage scolaire continue de progresser, et où le niveau de réussite est toujours plus lié aux conditions socio-culturelles des élèves.

Racisme sur le marché de l’emploi ?

L’éditorialiste du Tijd parle en tout cas de discrimination, qui, selon lui est parfois flagrante, et la majorité du temps implicite. Les chercheurs d’emploi se retrouvent à la longue dans un cercle vicieux dont il est difficile de sortir puisqu’ils accumulent un manque d’expérience.

Dans son accord, le gouvernement flamand a prévu de mieux lutter contre la discrimination à l’embauche. Le ministre-président Jan Jambon (N-VA) n’a d’ailleurs pas exclu de lancer des tests anonymes sur le terrain, une mesure à laquelle la N-VA s’était jusqu’ici toujours opposée. Cela dit, d’après De Tijd, de tels contrôles permettraient avant tout de mieux évaluer l’envergure du problème, sans réellement y remédier. D’autres méthodes devront donc être élaborées pour inciter les employeurs à embaucher, et les chercheurs d’emploi à persévérer.

L’exemple des plus de 50 ans

Certaines mesures se sont déjà révélées efficaces pour un autre groupe de chômeurs. D’après les chiffres de l’Office flamand de l’Emploi VDAB, le taux de chômage chez les plus de 50 ans a baissé deux fois plus que chez les jeunes l’an dernier. Cette situation est due à l’élaboration de formations et de stages spécifiquement destinés aux 50 ans et plus pour mieux les armer sur le marché de l’emploi.

Autre raison : la disparition progressive des préjugés selon lesquels les travailleurs plus âgés seraient plus coûteux, bosseraient moins ou ne seraient pas assez flexibles.

Comme quoi, la lutte contre les clichés peut s’avérer utile dans le domaine. Mais la route est encore longue, notamment pour les femmes qui, malgré un taux de chômage moins élevé que chez les hommes, font encore face à des obstacles d’ordre sexiste. C’est notamment le cas de la jeune Anissa qui, comme elle le raconte dans différents quotidiens, a dû se présenter chez plus de 20 garagistes avant de se trouver un stage en tant que mécanicienne. Bref, que ce soit pour les femmes, les personnes LGBT, celles d’origine étrangère ou atteintes d’un handicap, il revient aussi aux employeurs de dépasser les stéréotypes pour offrir une réelle chance à tous.

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