Le choix d'un pacte, le choix d'un gouvernement

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

La N-VA a donc été associée à la négociation du Pacte de l’ONU sur les migrations depuis le début. Le cabinet Francken a été consulté et informé du suivi de la négociation que la Belgique a menée dans le cadre de la rédaction du texte de ce pacte.

L’ambassadeur Jean-Luc Bodson est venu le dire à la Chambre et a détaillé la position des gouvernements belges (les Régions ont été associées) : "La Belgique estime que le texte est équilibré, reflète les préoccupations que nous avions exprimées et est une avancée importante au niveau diplomatique mondial ; et que par conséquent, non seulement la Belgique approuvera le texte à Marrakech en décembre mais invitera proactivement les autres pays à faire de même".

La N-VA avec les populistes et l’extrême-droite

Il est donc très clair que la N-VA a changé d’avis après avoir constaté au soir du 14 octobre que nombre de ses électeurs étaient retournés au Vlaams Belang. De plus, les nationalistes, en panne désormais sur leurs exigences communautaires vers l’indépendance flamande, se muent de plus en plus en un parti populiste et identitaire. Partant de ces éléments, la N-VA a donc décidé de refuser ce pacte, quitte à contraindre le Premier Ministre à manger sa parole engagée devant l’Assemblée Générale de l’ONU.

Dans un premier temps, le gouvernement fédéral a temporisé, espérant que des pays proches, les Pays-Bas ou le Danemark, revoient aussi leur signature. Les pays européens les plus réticents ont eu des garanties.

Finalement, en Europe, seules la Pologne, la Hongrie, l’Autriche, la Hongrie, la Bulgarie, l’Italie, la Slovaquie et la république tchèque ne signeront pas. Soit tous les gouvernements populistes et/ou à participation de l’extrême-droite. C’est ce club nauséabond que la N-VA voudrait voir la Belgique rejoindre.

Le prix d’un gouvernement

Désormais, la N-VA fait de ce Pacte une question de gouvernement. Bart De Wever et les siens ne veulent ni du Pacte, ni d’une éventuel texte interprétatif l’accompagnant, ni de laisser agir une majorité de rechange, tout en disant ne pas vouloir faire tomber le gouvernement. La N-VA rappelle aussi insidieusement qu’elle est restée loyale quand sous pression du MR, le projet de loi sur les visites domiciliaires a été retiré. Mais cette fois, stop. Pas question que la Belgique signe ce pacte.

La majorité tente de gagner du temps, de sauver ce qui peut l’être. Il reste quelques jours pour temporiser mais très bientôt le gouvernement devra trancher.

Charles Michel s’est engagé à ce que la Belgique signe ce texte. Le MR (comme le CD&V et l’Open-VLD) a répété qu’il fallait signer et que la N-VA ne faisait que courir après le Belang.

Ce sera bientôt l’heure du choix : entre le repli sur soi identitaire revendiqué et assumé par la N-VA d’une part et le multilatéralisme et la coopération européenne de l’autre.

 

@PhWalkowiak

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