Le cercle des socialistes disparus

Des perquisition au siège du CPAS de Bruxelles, un sit-in citoyen devant l'hôtel de ville de Bruxelles : la descente aux enfers se poursuit pour le parti socialiste.

Vous ajoutez à cette liste, la mort clinique du PS français. Littéralement balayé par la vague Macron et par l’abstention. Par un mélange de dégagisme et de je m’enfoutisme qui rappelle à tous qu’en démocratie rien n’est immuable, les partis sont mortels, surtout quand ils sont de gauche et qu’ils sont au pouvoir.

Désormais, tous les dirigeants socialistes ont cette crainte en tête, figurer dans le cercle des socialistes disparus. Crier "Ho capitaine, mon capitaine" avec le Pasok en Grèce et le PS en France.

Désormais, la crainte socialiste est existentielle.

L’affaire du Samusocial est plus grave que Publifin?

Alors en terme d’impact sur l’opinion oui. Parce qu’il s’agit d’argent destiné à la lutte contre la pauvreté. L’idée qu’on puisse ”bien vivre” sur le compte de l’aide d’urgence aux sans-abris ne passe pas. Nulle part, mais surtout dans la population moins favorisée qui votait largement PS.

De plus, cela se déroule dans un milieu stratégique pour le PS : le milieu associatif, le non-marchand avec tous ces assistants sociaux, ces infirmières, ces éducateurs.

Les émoluments d’Yvan Mayeur sont pris comme une gifle dans des professions qui bien souvent s’estiment sous-payées.

Tout ce petit monde qui, traditionnellement vote plutôt à gauche, risque bien de se venger et d’aller plutôt voir du côté d’Ecolo et du PTB que du PS.

Le PS peut encore éviter le cercle des socialistes disparus?

C’est toute une culture du pouvoir qu’il faut changer. Un rapport à l’argent aussi.

Or, c’est un chantier de long terme. Prenez par exemple le décumul intégral. Cela veut dire qu’il faut des candidats pour remplacer tous les députés-bourgmestres et députés-échevins, tous les ministres-bourgmestres en titre. Il faut former des nouveaux cadres. On parle plus d’années que de mois pour faire tout cela.

Vous allez me dire Macron a créé un parti en une grosse année. Mais Macron est parti d’une page blanche, c’est plus simple que de faire virer de bord un navire amiral comme le PS. Changer les habitudes de milliers de collaborateurs et de mandataires, dans certains cas baisser leur salaire, limiter leurs ambitions.

Le meilleur atout des socialistes aujourd’hui c’est “la peur”. La peur de rejoindre le cercle des socialistes disparus qui se diffuse dans le parti. Le temps du Carpe Diem est bel et bien révolu...

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