Le banquier, le bourgmestre et... les pigeons ?

Soit augmenter les impôts, soit réduire drastiquement ses dépenses... Les dépenses d'une commune, ce sont les écoles, la voirie, la police, les activités culturelles. C'est ce qui arrive dans certaines municipalités françaises : elles ont joué, elles ont perdu. Le pire, c'est qu'elles n'avaient pas vraiment compris qu'elles avaient joué avec le feu... Le pire, c'est que de nombreuses communes belges les ont imité, sans se rendre compte qu'elles avaient pris des risques.

En clair, l'enquête menée par Gérald Vandenberghe et Guillaume Wollner met au jour une pratique étonnante de la part de Dexia, la banque des communes. Si on l'appelle ainsi, c'est parce qu'elle a racheté il y a quinze ans le crédit communal, une banque alors publique et bien connue pour sa gestion sans risques, très "bon père de famille" selon l'expression consacrée. Mais depuis lors, Dexia a opté pour une politique beaucoup plus audacieuse. Elle a ainsi vendu aux communes des emprunts structurés, des emprunts au mode d'emploi  très complexe pour toute autre personne qu'un analyste financier. Principal souci : le taux de ces emprunts peut varier en fonction de la haute finance internationale. Parfois... de un à dix ! Or, on sait combien les crises financières peuvent être violentes : celle qui s'est déclenchée il y a un an et demi a d'ailleurs failli emporter Dexia qui n'a du son salut qu'aux aides publiques massives injectées par les gouvernements belge et français. Et voilà que les communes belges, comme vous le découvrirez dans cet étonnant reportage intitulé "Dexia joue-t-il avec l'argent des Belges ?", sont désormais à la merci d'une nouvelle tempête financière.

Les finances communales ne sont pas les seules à être ainsi exposées aux bourrasques mondiales. Désormais, le destin d'entreprises implantées en Belgique, et donc le sort des employés, dépend de décisions prises à l'autre bout de la planète. C'est également vrai pour ceux qui travaillent dans une entreprise phare de notre petite terre d'héroïsme et où le "made in Belgium" conserve une véritable valeur commerciale : AB Inbev.

AB Inbev, c'est le numéro un mondial de la bière. On y fabrique entre autres les Stella Artois, Jupiler, Leffe et Hoegaarden dont le succès n'est plus à démontrer. Le seul souci, c'est que le management de l'entreprise est de moins en moins belge et de plus en plus brésilien. En suivant les pas de François Lizen et Serge Ruyssinck, vous comprendrez ce soir qu'il y a bel et bien de quoi s'inquiéter sur l'avenir de ce qui constitue pourtant un motif de fierté nationale dont la réussite dépassait de loin celle des Diables rouges : la bière. Sans être alarmiste, on peut en effet se demander : "La Belgique restera-t-elle encore longtemps le pays de la bière ?"

Enfin, nous nous interrogerons ce mercredi soir sur l'origine et le bien-fondé d'une mesure prise il y a plus de trente ans et qui alimente bien des conversations deux fois par an : le changement d'heure. Le week-end prochain, quoi que vous fassiez, vous dormirez en effet une heure de moins car nous passons à l'heure d'été. Et cela pour économiser l'énergie paraît-il. Mais est-ce vraiment le cas ? Réponse avec Gorian Delpature qui remet aujourd'hui les pendules à l'heure et vous fera en même temps rencontrer de véritables faiseurs de temps dont la tâche consiste, tenez-vous bien, à... fabriquer des secondes.

 

Pierre Marlet  Chef de Production et d'édition de Questions à la une

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK