Le 26 mai du MR

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Pendant cinq ans, le MR s’est forcément retrouvé isolé au sein du paysage politique francophone. En juin 2017, Benoît Lutgen a voulu sortir les réformateurs de cet isolement ; cela n’aura fonctionné qu’en Wallonie et même pas jusqu’au bout.

Isolement

La précipitation du PS et du cdH à conclure des accords à Bruxelles et en Wallonie avait poussé le MR à accepter de finalement gouverner avec la N-VA et d’entériner une forte sous-représentation francophone dans la majorité fédérale. Cela a aussi amené les libéraux à se retrouver seul contre tous dans l’espace politique francophone, que leur arrivée à Namur n’aura finalement que peu atténuée.

La campagne se place dès lors dans le droit fil de la législature, ce qui explique l’agressivité de celle-ci.

Pour les adversaires du MR, c’est heure de « rendre des comptes ». Pour les libéraux, la poussée verte est venue complexifier le message électoral généralement « anti-socialiste » en premier lieu. Le MR aura mis ECOLO au centre de la campagne francophone, prenant le risque au passage de se couper définitivement de cet allié potentiel, avec qui il gère certaines villes et communes.

Dans la fin de la campagne, le cdH version Prévot aura malgré tout retrouvé quelques accointances avec les libéraux, même si une hypothèque « jamais avec la N-VA » demeure, dans la perspective d’une reconduction élargie au cdH de la majorité fédérale sortante… si les chiffres le permettent.

La suite des communales et provinciales ?

Depuis le début de la législature, les sondages ne sont guère favorables au MR (comme pour le PS ou le cdH) et les élections communales et provinciales sont venues conforter ces impressions, surtout à Bruxelles.

En Wallonie, le MR réalise aux élections provinciales d’octobre dernier un score (23,7%) guère éloigné de ses résultats de 2014 (26,7% à la région, 25,8% à la Chambre). A Bruxelles, le ressac dans plusieurs communes a été plus tangible.

Durant la campagne, le MR se sera comporté comme si des majorités régionales PS-ECOLO étaient acquises d’avance, voire une fatalité inévitable. Il est vrai qu’une alliance MR-cdH risque de ne pas suffire arithmétiquement et les relations avec ECOLO, bien plus qu’avec le PS, se sont détériorées.

Le pari (unique ?) de Charles Michel : reconstituer la majorité sortante élargie au cdH qui finira bien par se laisser convaincre de gouverner avec une N-VA qui aura laissé tomber une fois de plus le communautaire.

Au vu des derniers sondages, et d’un point de vue purement arithmétique, ce n’est pas gagné, mais pas impossible.

 

@PhWalkowiak

 

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