Le 26 mai d’ECOLO

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Ecolo a gagné les élections du 26 mai. Ce n’est pas le titre de la chronique du 27, ni les secrets d’un marabout mâtinés de sondages, mais cela ne signifie pas non plus que la victoire électorale des verts est garantie.

Arithmétique

Les résultats de 2014 étaient si mauvais (8,2% en Wallonie et 10,5% à Bruxelles) qu’Ecolo e pourra que progresser, surtout après avoir notamment atteint 16,2% aux élections provinciales d’octobre dernier, un record pour le parti dans ce type de scrutin où il investit généralement très peu (Ecolo préconise la suppression des provinces). De plus, au niveau communal bruxellois, il est pratiquement devenu la première force de la région-capitale.

Ecolo a été également mis au centre de la campagne par ses adversaires, MR en tête. Ce qui constitue une première pour une campagne électorale, où ses concurrents se comportaient généralement amicalement avec les Verts, pas vraiment considérés comme des rivaux sérieux.

Cette fois, les réformateurs auront sans doute passé plus de temps à éplucher et contredire le programme et les positions d’ECOLO qu’à avancer leurs propres solutions, contribuant à les placer au cœur de la campagne : pour ou contre Ecolo. Le dernier débat polémique sur l’abattage rituel ou le voile aura laissé ce parti dans une certaine ambiguïté.

Mais un succès arithmétique ou l’attention de tous ne garantissent pas une victoire politique.

Poids

Le succès (éventuel) d’Ecolo se mesurera à la place qu’il prendra par rapport aux autres formations. En 1999 ou en 2009, les écologistes, malgré des scores « historiques », demeuraient à distance respectable des libéraux et des socialistes. Cela pourrait ne plus être le cas cette fois. Et c’est donc le différentiel avec les concurrents directs qui importera, bien plus que le résultat net.

La remarque vaut également pour Groen, rival direct à présent des libéraux, des chrétiens-démocrates et des socialistes flamands. La conjugaison des deux progressions vertes putatives pourra peser sur la future coalition fédérale : Sans la N-VA, et pour un gouvernement climat selon Zakia Khattabi. Cela « tombe bien », Bart De Wever a aussi émis une exclusive contre Ecolo (mais pas contre Groen), preuve de sa « montée en grade » dans le débat politique.

La progression verte semble assurée, restera à gérer la victoire… et c’est souvent à partir de ce moment-là que cela coince chez Ecolo ou Groen.

@PhWalkowiak

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