Laruelle et Dewael, concierges du Royaume

philippe walkowiak
philippe walkowiak - © RTBF

Overkrokussen…

Autrement dit, passer le cap des krokusvakantie (congé de Carnaval au nord du pays) comme passer le cap de l’été (overzomeren) pour la classe politique et le Palais Royal. Le politologue Dave Sinardet définit en un mot le réel périmètre de la nouvelle mission royale : gagner du temps et passer le cap des prochaines vacances scolaires et politiques. Que l’on ne s’y méprenne pas, faire tomber la pression politique peut être salutaire, même si la Belgique a voté il y a près de 300 jours.

Classique

Le roi Baudouin et ensuite le roi Albert II ont souvent fait appel aux présidents des assemblées pour opérer des opérations de déminage lors de crises politiques. En septembre 2010, lors de la précédente grande crise politique, André Flahaut (PS) président de la Chambre et Danny Pieters (N-VA) celui du Sénat avaient ainsi formé un duo de médiateurs.

"Mais, ne tournons pas autour du pot, ce n’est eux qui devront trouver les solutions. Cela reste l’apanage des présidents de parti qui pendant la mission des deux médiateurs, pourront dans une certaine discrétion, renouer le dialogue et négocier avec sans doute moins de pression", disait-on à l’époque.

Pas un mot à retirer sur la marge de manœuvre actuelle du duo Laruelle-Dewael.

Conclusion de l’époque : "Bref, le Roi donne du temps au temps et tente de calmer le jeu". Pas mieux.

Remettre de l’ordre dans l’immeuble Belgique

Lors de cette crise politique, le Palais a pris des risques, notamment lors de la désignation du tandem improbable de novices Coens-Bouchez, qui très vite n’étaient publiquement plus sur la même longueur et surtout ensuite, en abattant son meilleur atout, Koen Geens, sans avertir sa propre formation et sans l’appui des présidents de partis. A la Saint-Valentin, Paul Magnette sortait l’artillerie et enterrait aussi brutalement que définitivement (?) une alliance PS-N-VA, plaçant le CD&V dans une position délicate.

S’ensuivait un échange de tirs nourris dans la cage de l’escalier de l’immeuble Belgique, avec quelques dégâts dans les relations entre les partis. Il faut à présent faire baisser la tension, effectuer quelques réparations et retisser des liens entre les locataires de l’immeuble.

A Sabine Laruelle et Patrick Dewael de remettre de l’ordre, de discuter avec tout le monde, de passer la serpillière sur les états d'âme ou de jouer les médiateurs entre voisins de palier atrabilaires !

La famille royale va ainsi pouvoir songer à ses vacances.

Les libéraux se retrouvent une nouvelle fois au centre du jeu ; pour le MR, c’est même déjà la troisième mission. Du côté de l’Open VLD, on semble également avoir compris que la N-VA au fédéral signifie des libéraux flamands dans l’opposition, faute de nécessité arithmétique. Il reste à faire comprendre au CD&V de se départir des nationalistes, même si le souhait d’un gouvernement majoritaire en Flandre demeure légitime.

La portée de la mission Laruelle-Dewael est telle que l’on se pose déjà la question de la suite. Mais d’ici le retour au Palais, le 9 mars, chacun prendra un peu de repos. De là à dire qu’il est mérité…

 

@PhWalkowiak

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