Laisser passer

Comme pour Linkebeek, comme pour les déclarations de la N-VA sur la collaboration ou les réfugiés… le Premier Ministre ne pourra, une nouvelle fois, que faire le gros dos face à l’agitation sociale.

Les chiens aboient, la caravane passe

Les syndicats sont dans la rue pour infléchir la politique du gouvernement voire même pour certains, le faire tomber. Ça, c’est pour la rhétorique.

Un coup d’œil dans le rétro. Chez nous, jamais une mobilisation sociale n’a fait tomber un gouvernement ni même généralement modifié sa trajectoire politique.

Les grèves de 60, où le pays a été bloqué plusieurs mois, n’ont pas fait reculer le gouvernement Eyskens et sa " Loi Unique ". En septembre 1983, les syndicats mobilisent contre le gouvernement Martens-Gol, les trains ne circulent pas pendant près de … deux semaines ( !) parmi d’autres actions. Rien n’y fait.

L’année scolaire 1990-91 est fortement perturbée, les enseignants francophones mettent les écoles à l’arrêt. Sans résultat. Idem pour la mobilisation contre le Plan Global en 1993-94. Plus récemment, le gouvernement Di Rupo a essuyé une grève générale inconnue depuis 20 ans contre ses mesures d’économies. Même avec des socialistes dans une coalition, le gouvernement ne recule pas. Ce n’est pas Charles Michel qui va innover…

Déséquilibre

Le gouvernement fédéral a répété qu’il était ouvert à la concertation, mais l’espace reste étroit et surtout patrons et syndicats n’apprécient guère que quand ils ont un accord, le gouvernement ne le reprend pas tel quel, comme c’est de tradition en Belgique.

La mobilisation reflète aussi la sociologie politique du pays. Le gouvernement fédéral représente grosso modo 75% des citoyens flamands mais seulement 25% des Francophones.

Et si aucune mobilisation sociale n’a arrêté un plan gouvernemental, elle a souvent eu une influence sur les élections qui ont suivi. Après les grèves de 60 ou des années 80, les socialistes sont revenus au pouvoir, Gaston Eyskens ou Guy Verhofstadt ont connu une traversée du désert ; après les années Martens-Gol, les libéraux seront restés près de 12 ans dans l’opposition partout.

Actuellement, le MR n’améliore pas son score dans les sondages (pas plus que le PS d’ailleurs) et il apparaît bien isolé au sud du pays. Charles Michel ne peut donc qu’attendre que " cela passe " et que cela puisse aller mieux demain. Tenir et espérer prouver que son choix fut le bon. En 2019. D’ici là, les syndicats peuvent bien défiler…

 

@PhWalkowiak

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