La Wallonie, la Lombardie de la deuxième vague ?

La Wallonie, la Lombardie de la deuxième vague ?
La Wallonie, la Lombardie de la deuxième vague ? - © Tous droits réservés

Nos lignes de défense face au coronavirus sont en train de s’effondrer. Les hôpitaux se dirigent vers la saturation, de plus en plus de maisons de retraite sont touchées, les médecins généralistes sont à bout et la stratégie de testing est débordéeSur plusieurs aspects, nous sommes de retour au mois de mars. La question c’est à quand un nouveau confinement ?

 

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Comme en mars ?

Nous sommes à nouveau largement aveugles face à l’évolution de l’épidémie. Notre meilleur indicateur redevient comme à l’époque les admissions à l’hôpital. Bien sûr, beaucoup de choses ont changé depuis mars. On teste presque 10 fois plus. On traite mieux les cas sévères, on est beaucoup mieux équipé en matériel et en médicaments.

Mais plusieurs choses malheureusement ne changent pas. Les hôpitaux se remplissent toujours de manière exponentielle, on annonce 1000 personnes en soins intensifs dans 10 jours. Deux fois plus à la mi-novembre. Et ça, c’est si tous les hôpitaux de Belgique ne traitent plus que du corona laissant tomber tout le reste sauf les urgences. C’est-à-dire un recul massif en matière de santé publique.

Pire que mars ?

Il y a aussi des éléments qui sont pires qu’en mars. L’état psychologique et physique des soignants. L’absentéisme est très important. Le problème aujourd’hui est moins un problème de lit que de personnel. Autre élément, c’est la résignation d’une partie de la population qui avait été mobilisée par la détresse de la Lombardie et l’annonce de confinements un peu partout en Europe.

La Lombardie première région à prendre le train du coronavirus en pleine face. Première et seule région à avoir connu un débordement complet de ses hôpitaux, avec une augmentation dramatique de la mortalité et une médecine de guerre où l’on choisissait qui sauver et qui laisser mourir étouffé dans les couloirs.

Aujourd’hui la Wallonie est la région ou l’épidémie est la plus grave en Europe. Il n’y aura pas de Lombardie pour nous alerter. Car demain la Lombardie ce sera peut-être nous. Au mieux nous servirons d’alerte pour les autres.

Conscience des enjeux ?

Il n’est pas certains que tous les responsables politiques en soient aussi conscients qu’en mars, où souvenez-vous le confinement avait été exigé en particulier par les francophones dans la suite de ce qui avait été décidé en France. La semaine passée, on a vécu l’inverse avec des francophones qui tenaient tête à Frank Vandenbroucke et Alexander De Croo sur la fermeture de l’Horeca.

Aujourd’hui l’idée est de retarder le plus tard possible un nouveau confinement, pour éviter tous les effets négatifs qu’il a entraîné, sur la santé mentale, sur le décrochage scolaire et sur l’économie. Retarder en espérant que les mesures prises soient suffisantes, tabler sur le retour de la "sagesse" comme le disait hier Frank Vandenbroucke. Attendre pour éviter aussi ce qu’un nouveau confinement représenterait comme échec majeur pour la classe politique.

Attendre enfin qu’il y ait un changement dans l’opinion publique. Que la crainte de ne pas pouvoir être soigné permette l’adhésion à des mesures plus strictes. Plusieurs politiques me disaient qu’annoncer un confinement la semaine passée aurait été suicidaire, que la population rongée par les marchands de déni ne l’aurait pas accepté, qu’il n’y a pas assez de morts pour justifier le confinement. Aveu terrible du décrochage entre les responsables politiques et la population.

Voilà la stratégie, tout faire pour éviter un nouveau confinement alors que nous sommes déjà débordés. Attendre, espérer que la population comprenne. Attendre et prendre le risque énorme que Bruxelles et la Wallonie soient demain la Lombardie de la deuxième vague.


 

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