La triplette de la dernière chance

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Tiens, si on essayait de convaincre PS et N-VA de monter dans une même coalition ?

Un peu comme si depuis plus d’un an, personne, mais alors vraiment personne, n’y avait songé !

Cela ressemble à du f… tage de g… le, mais on en est toujours bien là. Et à certains points de vue, ce n’est même pas illégitime. Le Graal absolu étant toujours de constituer un gouvernement fédéral soutenu à la fois par une majorité de députés néerlandophones et une majorité de députés francophones. Seule une alliance où se retrouvent PS et N-VA le permet. Les chiffres sont têtus. Mais si arithmétique rime avec politique, l’un ne fait pas nécessairement l’autre.

Quadrature du cercle

Depuis bientôt 400 jours, on tente de concilier l’inconciliable. On peut le regretter, rejeter la faute sur l’un ou l’autre, mais le fait est là, irréductible, incompressible, incontournable, irréfragable : cela ne marche pas.

L’exégèse des responsabilités reste bien entendu possible, mais il faut avancer. Sans attendre de connaître le nombre de côtés du cercle de la future majorité.

La crise sanitaire va déboucher sur une crise économique, sociale et budgétaire jamais vue depuis la guerre.

Minorité majoritaire

L’initiative du duo présidentiel socialiste d’un gouvernement minoritaire percole.

Absconse au départ, l’idée paraît faire son chemin. Aucun parti ne l’a rembarré ; la N-VA se limite à répéter qu’un gouvernement majoritaire reste la meilleure solution et les écologistes paraissent pris de court.

Politiquement, les partis de l’actuelle mini-coalition Wilmès 2 (38 sièges sur 150) ne pouvaient pas y souscrire tout de suite.

Egbert Lachaert (Open VLD) : C’est clair que mettre les socialistes et la N-VA ensemble, pendant un an on a essayé, cela ne marche pas ou Georges-Louis Bouchez (MR) : Une formule majoritaire reste la première priorité. Si jamais, ça ne devait pas fonctionner, il y a quelques formules minoritaires qui pourraient être explorées restent très prudents et ménagent l’avenir.

Un gouvernement est formellement en place. Et même si avec la disparition des pouvoirs spéciaux fin juin, il perdra une grande partie de sa raison d’être, il convient de le présenter comme le noyau de la solution.

Dans la logique d’un gouvernement minoritaire, la résurrection de la coalition sortante (avec la N-VA) reste possible. On imagine mal écologistes et socialistes l’avaliser.

En revanche, proposer à la N-VA (et aux écologistes) de peser sur le gouvernement tripartite minoritaire sans y participer pourrait séduire. Après tout, N-VA ou Ecolo disposent d’une longue tradition de "participopposition". Tous leurs ex-alliés peuvent en témoigner ! Un pied dedans, un pied dehors. Cela permettrait aussi d’associer plus largement les gouvernements régionaux et communautaires au plan de relance " national ". Un confédéralisme qui ne dirait pas tout à fait son nom.

Ils s’y mettent à présent à trois pour y arriver, sans même au passage consulter le Palais. La triplette de la dernière chance. Avant le chaos ou les élections ? Et si c’était pareil ?

 

@PhWalkowiak