La SNCB déjà régionalisée

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Elle n’est peut-être pas irréprochable sur tous ses dossiers et leur maîtrise, mais avec le survol de Bruxelles et les chemins de fer, surtout dans un gouvernement très flamand et pas véritable bouclier des services publics, Jacqueline Galant a sans doute hérité de deux des dossiers les plus " pourris " ou compliqués de la vie politique belge.

Héritage

La mobilité en Belgique subit à la fois les affres de la régionalisation et d’une logique du " tout à la voiture " des années 50.

Il fut une époque où il y avait une SNCB et une SNCV, où le réseau ferré dépassait les 5000 kms. Dans les années 60 et 70, la SNCB a supprimé de nombreuses lignes, essentiellement en Wallonie, sans grande réticence du monde politique wallon. Le réseau n’est plus aujourd’hui " que " de 3500 kms.

La mobilité dans et autour de Bruxelles est fractionnée entre plusieurs sociétés (SNCB, STIB, TEC, De Lijn) là où par exemple, à Paris, c’est la RATP qui gère aussi bien le métro, les bus que le RER. En Belgique, il est interdit à la STIB de passer le ring de Bruxelles !

L’engorgement vers Bruxelles allait inciter la Flandre principalement à pousser les chemins de fer à réorganiser l’offre de transport vers/depuis Bruxelles. Dans le monde politique francophone bruxellois, on voyait ce RER à la sauce belge d’un mauvais œil. C’était l’époque où le gouvernement bruxellois de… Charles Picqué craignait de faire fuir encore plus vers le Brabant Wallon, les Francophones aisés.

Les lignes en Flandre étaient mises à quatre voies, la multiplication des recours de riverains freinaient les travaux vers le sud et à présent, la ministre Galant annonce qu’on arrête les frais… mettant au rayon des " travaux inutiles " ce qui a déjà été réalisé pour plus d’un milliard d’euros !

Désintérêt wallon

Alors que la SNCB a été sous la tutelle de plusieurs ministres francophones (Di Rupo, Durant, Magnette, Labille), l’offre ferroviaire favorise la Flandre.

Exemple : Charleroi et Gand sont deux villes où habitent entre 200 et 250.000 personnes, situées à une bonne cinquantaine de kilomètres du centre de Bruxelles. Entre 7 et 9h du matin 14 trains relient directement Gand-St-Pierre à Bruxelles-Central en 39 minutes ; à Charleroi, seuls 6 trains relient Charleroi-Sud à la même gare bruxelloise, en 59 minutes.

A la SNCB, tout est à l’avenant. Cela n’a jamais véritablement ému la classe politique francophone.

A cela, le nouveau gouvernement a ajouté un plan d’économies de près de trois milliards, tout en supprimant 3000 emplois.

Jacqueline Galant a hérité de ce dossier, qu’elle entend mettre en œuvre, en bon soldat du gouvernement Michel.

La Flandre a déjà obtenu ce qu’elle désirait, le rail a été modernisé chez elle et cela ne la préoccupe pas qu’il n’y ait plus d’argent quand il faut réaliser des travaux en Wallonie.

En commission de la Chambre, les députés flamands, tant chez Groen qu’à la N-VA, s’inquiétaient surtout du RER… autour d’Anvers ou de Gand.

Tout est dit.

@PhWalkowiak

 

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