La polémique autour de Zwarte Piet a quasiment disparu en Flandre

Ce jeudi, c’est la Saint Nicolas, et comme le veut la tradition, le patron des écoliers sera accompagné du Père fouettard, un Zwarte Piet qui, en Flandre, ne fait plus autant polémique qu’avant. En tous cas si on compare la situation avec celle des Pays-Bas, où le débat sur le caractère raciste de Zwarte Piet ne cesse de s’envenimer depuis son émergence en 2011.

Il y a quelques semaines encore, l’arrivée de Saint Nicolas dans la ville de Tillburg a mené à l’arrestation d’une cinquantaine de personnes. Même scénario à Rotterdam ou encore à Eindhoven, où la police a dû intervenir alors que 250 supporters de clubs de foot locaux s’en sont violemment pris à une vingtaines de manifestants anti-Père fouettard. Une atmosphère loin d’être idéale pour les nombreux enfants venus accueillir le grand Saint.

Heureusement, en Flandre, les esprits se sont apaisés, grâce notamment au remplacement du grimage noir de Zwarte Piet par de la suie de cheminée. La mesure a été prise il y a deux ans par certains magasins et plusieurs chaînes de télévision dans le cadre du ‘Pacte du Père Fouettard’, un pacte donc l’objectif est de contrer les stéréotypes raciaux. 

Il y aura toujours des mécontents

S’il est vrai que le débat a médiatiquement fait beaucoup moins de bruit que les années précédentes, certains estiment qu’une partie non négligeable des Flamands n’est pas satisfaite par ce changement. D’après Pieter Bauwens, rédacteur en chef du site flamingant Doorbraak, les personnalités médiatiques, artistiques et académiques, qu’il qualifie de bienpensantes, ont imposé leur norme aux autres. Il évoque notamment un sondage en ligne mené l’an dernier par la Gazet van Antwerpen, selon lequel 93% des quelque 10.000 participants sont favorables au maintien d’un Zwarte Piet "traditionnel".

Pour Pieter Bauwens, qui s’exprimait sur le site de la VRT, le remplacement du maquillage noir par de la suie est une mesure antidémocratique basée sur ce qui est, selon lui " l’une des plus belles conspirations de notre société ". 

Une évolution positive des traditions

Parmi la poignée de chroniques parues sur le sujet, on retrouve aussi celle du scénariste Raf Njotea. Pour lui, contrairement aux Néerlandais, les Flamands ont démontré qu’il était possible de mener un débat social respectueux et constructif.

Il souligne par ailleurs que les traditions sont comme les langues: elles sont vivantes, et donc elles évoluent, en fonction notamment des groupes qui y adhèrent. Selon Raf Njotea, cette évolution est la preuve d’une intégration réussie des personnes issues de l’immigration, dont les générations précédentes n’osaient pas s’immiscer pas dans ce genre de débat. 

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