La N-VA fâchée avec les Droits de l'Homme?

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Les nationalistes flamands n’ont guère l’habitude de s’embarrasser de vaines considérations quand il s’agit d’avancer leurs revendications ; même la Convention de Genève, les Droits de l’Homme ou les accords internationaux deviennent superfétatoires pour Bart De Wever et ses troupes.

Rupture

A Theo Francken de tenter de donner un " visage humain " à l’accueil des réfugiés, même si la manière dont le camp de réfugiés du Parc Maximilien à Bruxelles a été géré, reste sujet à caution. A Jan Jambon et Bart De Wever de donner plusieurs tours de vis sécuritaires, au mépris des lois, des conventions internationales et des traités.

Jan Jambon a ramené de 24h de voyage officiel au Maroc l’idée d’ajouter les empreintes digitales sur les cartes d’identité belges. On ne voit pas précisément en quoi cela aurait permis à la police fédérale par exemple, de ne pas louper les frères Abdeslam, mais surtout cette disposition est contraire à la Convention Européenne des Droits de l’Homme ! Toutefois, le ministre de l’Intérieur persiste et entend ouvrir le débat.

Déjà le même ne s’était guère embarrassé de respecter les Accords de Schengen pour rétablir les contrôles à la frontière franco-belge ou plutôt entre la Vlaamse Kust et la Côte d’Opale.

Avant cela, en septembre dernier, Bart De Wever avait souhaité revoir à lui seul la Convention de Genève afin de restreindre les droits des réfugiés. Il vient également de fustiger la Grèce soupçonnée de ne pas vouloir garder tous les réfugiés chez elle ; pour le leader nationaliste, la Grèce doit en quelque sorte se transformer en vaste camp. Elle semble loin l’époque où Angela Merkel était le modèle de la N-VA qui lui préfère nettement à présent le modèle Cameron du chacun chez soi… et les migrants chez les autres.

Les nationalistes restent fidèles à leur stratégie de rupture, seuls contre tous, eux contre nous.

Malaise flamand, complaisance tacite du MR

Dans cette course au sécuritaire, la N-VA indispose ses alliés flamands. CD&V et même à présent Open-VLD font entendre leur différence, y compris au sein du gouvernement. Le secrétaire d’état chargé de la protection de la vie privée Bart Tommelein a ainsi retoqué l’idée des empreintes digitales de son collègue Jambon.

Kris Peeters (CD&V) avait exprimé son malaise face au rétablissement du contrôle frontalier.

Chez les alliés flamands de la N-VA, on tient à marquer sa différence tant sur la dérive sécuritaire des nationalistes que sur les réticences de ceux-ci sur le projet fédéraliste européen.

La Belgique dispose d’un gouvernement fédéral dont la principale composante, celle qui détient la plupart des postes essentiels entend remettre en cause les textes fondamentaux garantissant les Droits Humains.

Au Mouvement Réformateur, par contre, on se limite à regarder ailleurs, à sans doute répéter que cela ne figure pas dans l’accord de gouvernement.

Surtout ne pas froisser le puissant allié ?

 

@PhWalkowiak

 

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