La N-VA face aux réfugiés

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Comme il en a pris l’habitude, Bart De Wever est venu fixer l’agenda de la rentrée politique et détermine en quelque sorte les priorités fédérales de l’heure. Et comme à chaque fois, chacun sera invité à se déterminer par rapport aux propos du président de la N-VA, au centre du jeu.

En résumé : non la Belgique ne peut accueillir toute la misère du monde d’une part et il ne faudrait pas d’autre part que tous ces migrants obtiennent des logements sociaux avant les bons Belges (ou plutôt bons Flamands, pour reprendre les inquiétudes de sa coreligionnaire Lisbeth Homans).

Le modèle allemand

La N-VA érige souvent l’Allemagne d’Angela Merkel en modèle de ce qu’il convient de faire en matière économique, politique ou sociale. Après un long silence, la chancelière a appelé ses concitoyens à être plus forts pour venir en aide aux réfugiés ; cela faisait suite notamment à des incidents racistes le week-end dernier. De leur côté, les patrons allemands estiment même que l’arrivée de 800.000 migrants cette année constitue une chance pour le pays, confronté à une pénurie de main-d’œuvre et au vieillissement de la population. Soit précisément les maux qui menacent l’économie flamande…

A l’inverse, le président de la N-VA souhaite créer un sous-statut pour les réfugiés, en faisant des résidents de seconde zone, tout en faisant remarquer que l’Europe… interdit une telle distinction !

Pression sur le fédéral

D’un côté Theo Francken (secrétaire d’Etat N-VA à la migration) tente de parer au plus pressé, de l’autre son président de parti rappelle que le gouvernement belge ne peut tout accepter. Bart De Wever une nouvelle fois oppose, c’est eux contre nous : Dès que quelqu'un est reconnu comme réfugié, il reçoit une indemnité, peut demander une habitation sociale et reçoit des allocations familiales. C'est difficilement explicable aux gens qui ont contribué toute leur vie au système, explique-t-il, fidèle ainsi à la logique nationaliste et populiste de sa formation politique. Et de prévenir : si l’Europe ne veille pas à mieux répartir les réfugiés, certains pays (sic) pourraient réinstaurer des contrôles aux frontières.  Bart De Wever pointe l'urgence de l'heure, la difficulté d'y faire face et se prémunit politiquement pour l'avenir en agissant de la sorte.

C’est enfin une manière de mettre la pression sur le gouvernement fédéral, qu’il prenne à bras-le-corps ce dossier. Pour le reste qu’on ne compte pas sur le bourgmestre d’Anvers, sa ville ne saurait plus accueillir le moindre réfugié. Lundi pourtant, Theo Francken demandait que chaque commune (et Anvers est la plus peuplée du royaume) fasse un effort supplémentaire…

@PhWalkowiak

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