La morale précède la loi

Ce week-end, Elio Di Rupo a vécu un moment de solitude…

C’était lors de l’assemblée du parti consacré largement à la bonne gouvernance. Arrive la fameuse proposition sur le décumul intégral entre une fonction de parlementaire et une fonction exécutive communale (bourgmestre, échevin, président de CPAS). C’est le coeur du dispositif du parti pour tenter de mettre fin à l'hémorragie née de Publifin.

Et là, crac... 63% de militants votent contre. Et pas parce que ces militants sont conservateurs et qu’ils défendent leur député-bourgmestre envers et contre tout. Mais d’après ce qu’on sait parce que cela ne va pas assez loin. Je dis d’après ce qu’on sait parce la discussion autour de ce point a eu lieu à huis clos.

Et donc, d’après ce qu’on sait, la discussion a été animée puisque les militants ont reproché à l’équipe dirigeante du PS, Elio Di Rupo en tête, de se mettre la tête dans le sable. Et en effet, puisque l’idée du boulevard de l’empereur était de changer la loi. C’est-à-dire négocier avec des partenaires éventuellement pour la prochaine législature, bref le décumul risquait de ne pas voir le jour ou de le voir fort tard... pour les élections régionales et législative de 2024.

Les militants du PS ont rappelé un principe tout simple à Elio Di Rupo

Un principe élémentaire : la morale précède la loi.

La morale, c’est ce que l’on doit faire pour agir collectivement de manière juste ou bonne, c’est de l’ordre du devoir. Le droit a bien sûr son rôle à jouer dans cette affaire, mais d’abord et de manière première, c’est aux acteurs de respecter ce qu’ils estiment être les règles d’une conduite juste.

Autrement dit, si le PS pense que le décumul est bon, il doit s’imposer le décumul, c’est aussi simple que ça.

Et donc Elio Di Rupo se retrouve avec un problème sur les bras. Car bien sûr, son entourage a rapidement fait savoir aux journalistes qu’il ne fallait pas y voir de problème, qu’Elio Di Rupo était maintenant plus fort pour imposer sa vision dans son parti et s’imposer face à la troupe de député-bourgmestres qui faisait de la résistance.

Et puis attention, nous dit-on, ce n’était pas un congrès statutaire en bonne et due forme, seulement un assemblée de militants.

Elio Di Rupo va donc devoir formuler une proposition plus tranchée. Voilà pour l’explication officielle.

Reste quand même la question de la loi et de la morale. Si le PS compte toujours passer par la loi, les chances de réussite sont minces. La N-VA, le VLD, le CD&V, le MR, le cdH ne veulent pas du décumul intégral.

Rapidement la question va se poser, le PS ne doit-il pas s’imposer ses propres règles sans tenir compte des autres.

Bien sûr, le PS risque de se retrouver déforcé pour les élections locales de 2018 et handicapé pour les élections générale de 2019. S'il y a bien une séquence ou le cumul député-bourgmestre risque d’être payant, c’est dans cette fusée électorale à double étage.

La morale précède la loi. C’est un beau principe, mais extrêmement difficile à tenir.

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