La langue française est un atout... à condition de ne pas la laisser aux seuls Français

La langue française est un atout... à conditions de pas la laisser aux seuls français...
La langue française est un atout... à conditions de pas la laisser aux seuls français... - © Tous droits réservés

C’est la semaine de la francophonie. La journée internationale de la francophonie. L’occasion de faire le point sur l’utilisation de la langue française qui a tout à gagner à ne pas être la propriété des seuls Français de France.

Nous sommes aujourd’hui 284 millions de francophones de par le monde. Ce qui fait du Français la cinquième langue la plus parlée sur la planète. Mais contrairement aux idées reçues notre langue est en constante augmentation. 7% de locuteurs francophones en plus chaque année, c’est une croissance forte, que l’on doit à l’enseignement du français langue étrangère (125 millions de personnes apprennent le Français de par le monde) mais aussi à la croissance démographique de l’Afrique sub-saharienne.

Si aujourd’hui quand on vous dit francophonie vous pensez au Québec ou à la Suisse votre perception est erronée. Aujourd’hui un francophone sur deux habite en Afrique. La proportion atteindra les 80% à l’horizon 2050, horizon qui devrait correspond à l’apogée de la langue française. Nous serons à ce moment-là 700 millions de francophones. Cela représentera 8% de la population mondiale, presque un habitant sur 12.

La langue n’est pas que littérature mais aussi un enjeu économique

Si aujourd’hui le Français est en 5ieme position en nombre de locuteurs, nous sommes en 4ème place pour les langues utilisées sur internet, et même en troisième position dans le monde des affaires. Ça c’est un classement réalisé par un économiste qui a compilé une vingtaine de critères. Un Allemand ou un Anglais sur 7 parle le Français. Le Français est également la 3ème langue la plus enseignée aux États-Unis.

Prenez deux des plus gros constructeurs d’avions :  Airbus, européen, et Bombardier, canadien, ce sont des entreprises où l’on parle Français. Si vous faites un emballage en Français, il est aujourd’hui valable dans une centaine de pays.

Demain, dans l’économie numérique qui est la nôtre le Français va devenir un formidable atout. Si vous développez des logiciels ou des applications qui s’appuient sur la langue française, vous attaquerez un marché de 700 millions de consommateurs, un avantage non-négligeable. Cette nouvelle donne nous impose de réaliser que l’avenir du Français passe d’abord par le développement du continent africain. Et ça tombe bien puisque pour certains prévisionnistes l’Afrique de 2050 pourrait ressembler à la Chine d’aujourd’hui.

Cela impose de rajeunir la langue

Cette langue ne peut pas être la propriété de la seule académie française. La preuve ? Les Québécois sont bien plus inventifs que les Français, et leur langue s’adapte plus vite. Par exemple les Québécois vont utiliser courriel, sociofinancement, réseautage alors que les "péteux" (traduire "prétentieux" en langage correct) de Français vont parler d’email, de crowdfunding et de networking. Même le fameux CETA au Québec c’est l’AECG pour "Accord Economique et Commercial Global". Les Français vont dire sandwich, alors que nous avons le pistolet et que les Québécois ont leur sous-marin.

Alors oui ! Il faut simplifier l’orthographe et s’ouvrir aux mots du Québec et  aux mots africains si on veut sauver la langue française. D’ailleurs on a commencé à le faire. Quand on parle du "poto poto" pour désigner nos tractations politiques c’est une expression qui vient du lingala (Congo), et qu’en Belgique francophone on a parfaitement intégré.

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