La Flandre a de fortes chances de virer encore plus à droite

Lors de la réception de Nouvel An à Anvers, le bourgmestre de la ville, Bart De Wever (N-VA) déclarait qu’il n’excluait pas de nouvelles élections, même s’il ne plaide pas pour un retour aux urnes. Deux jours plus tard, une enquête parue dans le Knack révélait qu’au niveau électoral, la N-VA, mais aussi le Vlaams Belang, avaient de sérieuses chances de continuer à progresser. 

Le magazine Knack a analysé la semaine dernière les résultats d’un sondage post-électoral mené en juin dernier par le bureau Kantar auprès de 2000 Flamands. Les premiers constats viennent confirmer ce que beaucoup savent déjà: les partis traditionnels luttent aujourd’hui pour leur survie. 

Alors que CD&V, Open VLD et sp.a ont ensemble perdu un quart de leurs électeurs en 5 ans, ils auront, semble-t-il, beaucoup de difficultés à les récupérer. Les trois formations souffrent en effet de nombreux maux. Elles n’ont que peu de succès auprès des jeunes. La plupart des citoyens qui votent en leur faveur le font par tradition ou par habitude, et risquent donc de finir par se lasser. Le potentiel de croissance des trois partis se révèle par ailleurs être très faible, alors que l’aversion qu’ils génèrent auprès des électeurs est en hausse, tout comme l’indifférence qu’ils suscitent. 

Scénario plus rose pour le VB et la N-VA

Le tableau est tout autre pour la N-VA et pour le Vlaams Belang qui semblent, eux, avoir un bel avenir. 

Si la N-VA a perdu un tiers de ses électeurs en mai dernier, elle bénéficie aujourd’hui d’une marge de progression bien plus importante que les partis traditionnels. D’après l’enquête, les nationalistes flamands suscitent aussi moins d’indifférence ou d’aversion. 

Même topo, ou presque, pour le Vlaams Belang. Si la moitié des sondés se dit hostile au parti d’extrême droite, la formation de Tom Van Grieken jouit d’une possibilité d’accroissement un peu plus importante que celle de la N-VA: 12% des électeurs ont en effet envisagé à un moment de voter pour le Belang, mais ne l’ont finalement pas fait. 

Conclusions ?

D’après le Knack, le nord du pays vit aujourd’hui un véritable tournant électoral. L’avenir des partis traditionnels semble désormais derrière eux. Le rejet qu’ils suscitent ne serait par ailleurs pas directement lié au contenu des politiques menées, mais plutôt à la manière dont les élus ont gouverné. 

De son côté, le politologue Carl Devos note que la Flandre a de sérieuses chances de virer encore plus à droite. Une situation qui, selon lui, n’est pas suffisamment prise au sérieux par les partis traditionnels qui, face à une crise existentielle, semblent continuer de croire que tout s’arrangera par soi-même. En attendant, si des élections anticipées devaient aujourd’hui se tenir, la droite nationaliste et l’extrême droite connaîtraient vraisemblablement une nouvelle progression. 

Un changement est-il possible? 

Mieux vaut rester réaliste: la tendance a peu de chances de s’inverser. Cela dépendra sans doute partiellement de l’agenda politico-médiatique. En mai dernier, les questions autour de la migration semblent avoir été déterminantes dans le choix des électeurs. Comme vous le savez, ces dernières semaines, on a pas mal parlé des allocations familiales accordées aux demandeurs d’asile, des demandeurs qui, selon les chiffres de 2019, sont à nouveaux plus nombreux. La N-VA et le Vlaams Belang restent les premiers à pouvoir tirer profit de ces situations. 

Seule petite consolation, toujours selon l’enquête post-électorale: à peine 16% des électeurs du nord du pays veulent d’une Flandre indépendante. Plus étonnant encore: seuls un quart des électeurs de la N-VA et un tiers de ceux du Belang sont partisans d’une telle autonomie. Comme quoi, les questions communautaires ne passionnent plus vraiment les foules.

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