La chute de la maison PSCdH

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Sortir avant de se faire sortir ou comment faire savoir que vous ne viendrez au bal, sachant de toute façon qu’aucun carton d’invitation ne vous sera adressé… le cdH de Maxime Prévot clarifie les choses, pour peu qu’elles doivent encore l’être.

Arithmétique

Tombée à son plus bas niveau historique (comme le PS), la famille centriste francophone préfère l’opposition à tous les niveaux de pouvoir, alors qu’elle était la seule au sud du pays à être présente dans trois gouvernements distincts. Désormais, cinquième parti de Wallonie et sixième de Bruxelles, le cdH constate qu’il pèse peu et que le pouvoir ne constitue plus l’option principale. C’est devenu une question de survie. En trente ans, le PSC/cdH est passé de 23% à 10%. Le seuil critique.

Sous l’instigation de Joëlle Milquet, le parti s’est ouvert, a abandonné ses références chrétiennes. Cela a sans doute mieux fonctionné à Bruxelles qu’en Wallonie. Benoît Lutgen est quelque peu revenu à la ligne précédente, plus sociale-chrétienne, plus rurale. Il aura raté ses ruptures avec le PS, brouillant définitivement sans doute l’image de son parti. Son départ-surprise n’aura finalement pas empêché l’échec électoral.

Le cdH ne dispose plus que de 5 députés fédéraux (sur 150 dont 63 côté francophone), 10 députés wallons (sur 75), 6 bruxellois (sur les 72 Francophones). La cruelle réalité des chiffres, le parti ne pèse plus ou trop peu.

Quelle place ?

Au-delà du constat, il reste à ces élus à se trouver un rôle dans l’opposition. Et dans cette famille, on n’y est guère habitué. Sur les soixante dernières années, le parti n’aura connu que cinq ans sans ministre. Lors de la dernière législature fédérale, le cdH a été convié mais Benoît Lutgen a fermement refusé de gouverner avec la N-VA.

A présent, dans un contexte où toutes les familles politiques traditionnelles reculent et où les extrêmes progressent, il paraît difficile de se réinventer. Le cdH a une tradition de pouvoir, de compromis alors que l’opposition nécessite une radicalité qui n’est pas dans les gènes de cette formation.

Son alter ego au nord du pays, n’est guère plus fringant. A cette heure, la tentation est forte chez Bart De Wever de laisser le CD & V dans l’opposition, comme à Anvers.

La démocratie-chrétienne se marginalise dans la plupart des pays européens. Le PPE apparaît désormais bien plus comme une association de partis de droite marquée, au sein de laquelle le cdH paraît parfois mal à l’aise.

Côté francophone, l’arc-en-ciel peut à présent se mettre en place même si en Wallonie, ECOLO n’est pas numériquement nécessaire. PS et MR n’entendent pas constituer une coalition de (grands) battus.

 

@PhWalkowiak

 

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