La chute de la maison Galant

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Le Premier ministre aura tenté de la soutenir jusqu’au bout mais puisque il a été induit en erreur, contraint de "mentir" à la tribune de la Chambre, comme l’a pointé l’opposition, la position de Jacqueline Galant était devenue intenable.

Le dossier RER avait été la dernière chance, la dernière "erreur de communication" couverte. Jacqueline Galant était prévenue. Ce fut la fois de trop.

L’étrange casting bleu

Au MR, on rêvait de faire de Jacqueline Galant la "Maggie De Block wallonne" : bon sens du terroir, proximité, franc parler, populaire… Un profil qui manque chez les libéraux et d’autant plus en Hainaut, qui représente 40% de l’électorat wallon, où elle était devenue le contre-point de l’hégémonie socialiste, l’alternative.

Charles Michel la destinait sans doute plus vers un premier maroquin régional wallon, ancré dans le terrain, histoire de s’y faire les dents et d’y affirmer sa personnalité conviviale. Le jeu des alliances en a décidé autrement et comble, le nouveau Premier n’a que pour elle que le portefeuille des emmerdements garantis et insolubles : la SNCB, le RER ou le survol de Bruxelles.

Elle se sera pris les pieds dans tous ces dossiers. A chaque fois, le Premier ministre est venu à la rescousse, à lui reprendre la main quand les bourgmestres MR du BW s’étranglent quand la ministre Galant annonce que le RER restera un tortillard. C’était la dernière. Il ne pouvait en avoir une autre…

Pourtant, malgré les "affaires", Jacqueline Galant a démontré son potentiel. Elle figure dans le top des 10 des personnalités politiques wallonnes les plus populaires dans le dernier baromètre Dedicated-RTBF-LaLibre, devant Laurette Onkelinx, Rudy Demotte, Benoît Lutgen ou ... Joëlle Milquet.

Dans un Mouvement Réformateur pas tout à fait pacifié entre "micheliens" et "reyndersiens", Charles Michel avait emmené au fédéral quatre fidèles pour un seul (Daniel Bacquelaine) à Didier Reynders. Sur les quatre proches, le Premier ministre en a déjà perdu deux (Jamar, Galant), Marie-Christine Marghem reste sur un siège branlant et heureusement, Willy Borsus reste le ministre des bonnes nouvelles pour l’électorat MR (indépendants, agriculteurs, PME, …).

Il fallait protéger cette garde rapprochée, mais cette fois Jacqueline Galant est sans doute allée trop loin, mettant directement son patron en porte-à-faux.

Relancer

Cette fois, le vent du boulet ne sera finalement passé pas loin du 16 ; les partenaires flamands sont restés en dehors de la polémique.

Mais après avoir dû remplacer deux ministres MR en sept mois, refusé symboliquement la démission de deux poids lourds du gouvernement (Jambon, Geens) et alors que s’annonce une Commission parlementaire d’enquête à haut pouvoir défoliant, avec une opposition qui a obtenu un premier trophée et des grèves d’ores et déjà annoncées dans les services publics, il appartient au Premier ministre de démontrer qu’il tient toujours fermement la barre, qu’il n’y a pas d’alternative crédible à sa ligne politique.

Les suites des attentats du 22 mars ont déjà ébranlé trois ministres fédéraux, malmené le Premier.

La chute de Jacqueline Galant doit pour lui et ses partenaires, rester sans suite sous peine de deuxième partie de législature très compliquée.

 

@PhWalkowiak

 

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