La CGSP roule pour le MR et le cdH

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Entre un patron de syndicat qui dit réfléchir à de nouveaux modes d’action, des commentateurs zélés toujours prêts à pleurnicher en invoquant ces passagers " pris en otage " (allez demander aux victimes de Daesh ou Boko Haram ce que c’est d’être pris en otage ! ) sans le plus souvent n’avoir jamais pris le bus en Wallonie, un gouvernement doctrinaire, un patron de société un peu dépassé et une centrale syndicale déconnectée à ce point des réalités qu’elle met dans la mouise ceux qu’elle prétend défendre, la situation sociale aux TEC  tourne à la foire d’empoigne.

Sauver les sous-régionalismes

Quand la SNCV est dissoute en 1990, parce que le transport urbain et rural est transféré aux Régions, la Wallonie décide seule de conserver une structure multiple. A Charleroi et surtout à Liège, une régie intercommunale (STIC et STIL) régnait en maître sur les transports publics. Il n’était pas question pour les syndicats et forces politiques des deux métropoles de voir leur pouvoir local se dissoudre dans une structure plus large. Va pour le saupoudrage et le lotissement politique dont la Wallonie a la spécialité.

Dans le même temps se déploient des TEC à géométrie variable entre lignes exploitées par des sociétés privées et d’autres par le service public, généralement en zones plus urbaines et plus densément peuplées.

Publifin

Alors que cela fait des années que le MR réclame une fusion des structures des cinq TEC, l’ex-majorité PS-cdH avait fini par l’inscrire à l’agenda . La SRWT et ses cinq sociétés locales font depuis leur fondation, l’objet d’un partage du pouvoir entre socialistes et sociaux-chrétiens. Alors que tant le dossier de la fusion que celui du service minimum lambinaient, les révélations liées à Publifin et le changement de majorité allaient donner un coup d’accélérateur idéologique à ces deux éléments.

Le cabinet d’audit (Mc Kinsey) désigné pour envisager la fusion recommandait de réaliser celle-ci sur plusieurs années, le gouvernement wallon veut pourtant presser le pas au point de voir les administrateurs MR et cdH voter contre cette précipitation ! Même en passant de 85 administrateurs à 11 comme chez De Lijn, l’économie est minime d’autant que l’emploi est garanti.

De même pour le service minimum : le patron des TEC, pourtant tout frais ex-chef de cabinet du ministre des Transports Di Antonio, ne voit pas comment le mettre en œuvre efficacement et rapidement. Comment en effet déterminer quelle ligne est prioritaire ou qui triera qui peut monter dans tel ou tel bus ??

Résultat : entre un syndicat qui s’enferme dans une logique absolutiste de défense des acquis au détriment de toute autre considération et une coalition qui se précipite d’épingler une plume idéologique à son nouveau chapeau gouvernemental juste avant les échéances électorales, l’usager ne pourra que rester à quai.

 

@PhWalkowiak

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