La carte blanche laissée à Francken

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Qu’aurait-on connu des pratiques de Theo Francken sans la chute du gouvernement Michel ?

Theo Francken a ouvert "un canal de migration opaque, n'offrant pas les garanties d'un traitement équitable et ne répondant pas au prescrit habituel en matière de sécurité". Ce n’est pas l’opposition qui le dit mais bien l’administration dont l’ex-secrétaire d’état avait la responsabilité !

Incarner une politique

Dès l’installation du gouvernement, la N-VA entendait marquer les esprits. Elle obtenait les portefeuilles liés au nouvel ordre qu’elle entendait incarner. Fini le laxisme de la " gauche " (en ce compris les libéraux au pouvoir depuis 1999), les nationalistes s’installaient à l’Intérieur (rebaptisé ministère de la Sécurité et de l’Intérieur (sic) dans cet ordre), à la Défense et l’Asile et Migration.

Theo Francken prend les habits de cette nouvelle politique (guère différente sur le fond avec celle du gouvernement précédent), se profile comme le rempart face à une migration aux excès souvent fantasmés. Ses partenaires laissent faire.

Si effectivement au début, il y a la volonté d’accorder des visas humanitaires à des populations ciblées, le système a fini par échapper à tout contrôle. Et puisque le secrétaire d’état insistait beaucoup sur le côté discrétionnaire des procédures, il est assez logique qu’il en assume aujourd’hui la responsabilité politique.

Recadrages vains

Tout heureux de bénéficier d’un secrétaire d’état devenu populaire dans une matière sensible (comme Maggie De Block sous le gouvernement Di Rupo), Charles Michel n’avait d’autre choix que de se limiter à des recadrages réguliers quand le personnage exagérait quelque peu.

Tout qui avait l’outrecuidance de critique les excès ou les dérives du système Francken se voyait rembarré à la gauche Maximilien.

C’est pourtant dans l’entourage du secrétaire d’état que l’on retrouve une organisation défaillante, des visas distribués hors critères clairs pour les années 2017 et 2018, soit après les grandes opérations de sauvetage, après la crise migratoire : on est passé de 200 visas en 2014 à plus de 2000 en 2018, monnayés, avec des demandeurs dont on ignore souvent tout, parfois disparus depuis dans la nature ou qui n’ont même pas introduit de demande !

Maggie De Block a repris ses anciennes fonctions et donc fait éplucher les activités de son successeur/prédécesseur et aussi rival électoral dans la circonscription du Brabant Flamand.

Aujourd’hui, dans le cadre de ce dossier, un mandataire N-VA qui avait ses entrées au cabinet Francken, dort en prison. Les nationalistes tentent de maintenir leur poulain éloigné de l’affaire qui de toute façon pèsera dans la campagne, et peut-être pas uniquement pour la N-VA.

 

@PhWalkowiak

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