La campagne sera sociale

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

 

Chacun aura finalement joué sa partition. Le gouvernement fédéral conserve son habitude des zomerakkoord et son mantra jobs ! jobs ! jobs ! ; les patrons applaudissent les mesures mais restent sceptiques sur leur mise en œuvre ; les syndicats annoncent déjà une rentrée sociale incandescente et l’opposition fait remarquer que puisque généralement les perspectives budgétaires du gouvernement se plantent, ’y a pas de raison que ça se passe mieux cette fois.

Emploi

Dans un an, la Belgique attendra (ou pas) ses nouveaux gouvernements issus des élections du 26 mai 2019.

Ce qui était au départ un exercice budgétaire s’est rapidement transformé en exercice de valorisation des emplois créés passés, présents et à venir au point que l’on ne sait toujours pas très bien comment les économies seront réellement réalisées. Peu importe. On se limitera à la rigueur à quelques corrections. Difficile de faire autrement en pleine campagne électorale. Les véritables soucis budgétaires sont d’ores et déjà reportés au prochain gouvernement.

Les partis de l’actuelle majorité fédérale entendent se présenter à l’électeur comme celui qui a (enfin !) réussi à transformer le pays. Le plein emploi est à portée de mains. 190.000 emplois ont été créés depuis 2014, 135.000 emplois seraient vacants.

La situation vaut pourtant essentiellement pour la Flandre. La Wallonie dénombre 35.000 emplois vacants mais garde toujours 200.000 chômeurs.

Le dernier accord ?

Tout a dès lors été mis en œuvre pour répondre aux attentes patronales en matière d’emploi. Quitte à reprendre telle quelle une proposition du VOKA de décembre dernier demandant la fin de la liaison salaire-ancienneté ; mais en confiant ce dossier aux partenaires sociaux, cela risque de le repousser aux calendes grecques.

La privatisation de 30% de Belfius est-elle intimement liée au dédommagement des coopérateurs d’Arco ? Pour le CD&V, c’est bien le cas. Il reste à attendre le feu vert européen et mettre la banque publique en vente en pleine campagne électorale risque de crisper les actuels partenaires.

Crispée, Proximus l’est déjà. L’arrivée d’un quatrième opérateur télécom reste hypothétique mais bien moins que la menace sociale que la patronne de l’opérateur historique fait peser face à Alexander De Croo.

Les regards sont d’ores et déjà portés sur la rentrée. La FGTB a-t-elle les moyens de ses ambitions perturbatoires de la campagne électorale ? La CSC-ACV est-elle soulagée par la solution Arco ?

La vaste séquence électorale qui s’étendra de septembre à mai s’ouvre. La campagne s’annonce sociale. Pas sûr que l’électeur-citoyen s’y retrouvera forcément.

 

@PhWalkowiak

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK