La Belgique va-t-elle encore rater l'avion?

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Cela devait être pour le sommet de l’OTAN de juillet, cela devait être pour mi-octobre… mais toujours rien. Le gouvernement fédéral parviendra-t-il à trancher dans le dossier du remplacement de nos vieux F-16 ? Rien n’est moins sûr ? Quoique

Vieux dossier

Déjà sous les législatures précédentes, le remplacement des F-16 faisait consensus au sein de principales formations politiques du pays. Seuls SP.A et les Ecologistes remettaient en question le principe-même de la dépense.

L’appel d’offres a finalement été lancé en mars 2017, soit avant l’élection d’Emmanuel Macron. Déjà, à l’époque, cet appel semblait être taillé sur mesure pour le F-35 de Lockheed.

Depuis le début, les faveurs des militaires penchent vers le F-35. C’est d’abord le seul appareil de " 5ème génération " et les pilotes préfèrent bien évidemment disposer d’un matériel de pointe (même s’il est loin d’être fiable). De plus, les aviateurs belges entretiennent de longues et anciennes relations avec Lockheed qui a fourni à la Belgique les F-104 dès 1963 et assure toujours le suivi des F-16. De quoi tisser des liens.

De même, en Flandre, tant dans le monde patronal que dans les partis " atlantistes ", le cœur et la raison penchaient pour cette offre américaine-là au point de dégouter Boeing, qui a préféré retirer son F-18 de la course.

Tout serait désormais sur la table pour que le gouvernement belge tranche. Reste à politiquement habiller la décision.

Le choix de la N-VA

Dans quelques mois, le gouvernement fédéral sera en affaires courantes. Le temps presse d’autant que le Premier Ministre a fait de ce dossier une des priorités de sa fin de mandature.

Au MR, le cœur mais aussi les intérêts politiques ( défense européenne, les liens Michel-Macron, …) font pencher le choix vers le Rafale de Dassault, qui a toutefois le gros désavantage d’avoir voulu se présenter " hors concours ".

Bart De Wever refuse explicitement le Rafale et a pris face au Premier Ministre, clairement option pour le F-35.  Le CD&V ne dit pas autre chose.

Les 34 F-35 représentent une facture de 3,6 milliards € mais un coût d’exploitation de 15 milliards € sur 40 ans.

Il reste surtout à Charles Michel à " habiller la mariée " : après voir émis la volonté d’être " dans le cockpit " de la défense européenne, justifier ce choix américain aux retombées limitées, appuyé par la N-VA. Le Premier Ministre pourra avancer qu’en matière navale, la Belgique collabore avec les Pays-Bas (achat de frégates, de chasseurs de mines), sur Terre, avec la France avec le " contrat Scorpion " d’achat de véhicules blindés et donc en matière aérienne, avec les USA. L’exercice d’équilibriste s’annonce périlleux et restera l’impression que les dés étaient pipés. A voir…

 

@PhWalkowiak

 

 

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