La Belgique, en mauvais État

La Belgique, en mauvais État
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La Belgique est pratiquement au bord du shutdown à la sauce de chez nous, mais personne ne s’en inquiète. Le budget de l’État pour novembre ne sera voté que ce 31 octobre… si tout va bien et si un quorum suffisant de députés revient de vacances.

Le tout nouveau ministre du Budget, David Clarinval (MR) en est réduit à appeler au calme et à rassurer sur le fait que l’État belge payera bien ses factures la semaine prochaine.

L’exode

Quatorze ministres ont quitté (ou en passe de quitter) le gouvernement fédéral. A cette heure, on ignore qui reprendra les lourds portefeuilles des Affaires Etrangères et de la Défense Nationale, des matières qui mettent la Belgique en relation avec ses alliés, assure sa présence au Conseil de Sécurité de l’ONU ou gère ses affaires dans le monde. Didier Reynders va partir et son remplacement risque encore de se jouer entre deux portes un week-end comme celui de Charles Michel. Aucun nom ne circule d’ailleurs sur son putatif remplaçant ; seul a-t-on appris, Koen Geens reprendra les Affaires Européennes. Pour le reste, silence ou indifférence. Il est vrai qu’au MR, on a un peu la tête ailleurs.

La débâcle

Pas de gouvernement de plein exercice depuis plus de 300 jours, pas de majorité parlementaire, un budget en quenouille de plus de 11 milliards, un budget soins de santé recalé par une ministre de mauvaise humeur malgré le consensus des partenaires sociaux, l’Europe qui s’impatiente, des partis en recherche de nouveaux présidents, etc. A ce stade, la Belgique a déjà dépassé le stade de la simple impression de non-gestion.

Certes, une nouvelle Première Ministre, inconnue du grand public, vient incidemment de reprendre les rênes de ce gouvernement qui ne peut décider de rien et qui ne dispose pas de majorité pour agir en affaires courantes comme Yves Leterme avait pu le faire en 2010-2011.

Lundi, plus de 160 jours après le scrutin, Geert Bourgeois et Rudy Demotte ne pourront que venir dire au Roi que la situation reste bloquée. PS et N-VA discutent, comparent des morceaux de programme mais tout cela reste éloigné du concept de négociations en vue de former un gouvernement. Cette notion demeure dans les limbes de la politique belge.

D’année en d’année, l’État belge se délite. Les différentes réformes institutionnelles ont réduit son champ d’action et ces derniers temps, l’intérêt que la classe politique elle-même lui porte.

Les précédentes crises politiques généraient des passions, ici seule l’indifférence prévaut. Cela peut donc durer.

 

@PhWalkowiak

 

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