L'intolérable siège des villes syriennes

En Syrie, depuis 5 ans, on meurt sous les balles, on meurt sous les bombes. Mais en plus, aujourd'hui, si on survit au conflit, on meurt de faim. On meurt de faim parce que des dizaines de villes sont assiégées. La plupart par l’armée, mais aussi par les rebelles ou par l’organisation terroriste Etat Islamique.

Officiellement, un demi-million de personnes vivent encerclées. Un nombre qui pourrait être bien plus élevé. 500 000 personnes sont privées de nourriture, elles sont devenues des pions et des otages entre les mains des parties en conflit.

Assiéger des villes, un crime contre l'humanité

Comme l’a rappelé Ban Ki-Moon, le secrétaire général des Nations Unies, ceux qui affament la population, que ce soit le régime syrien ou les rebelles sont coupables de crimes contre l’humanité. Ils se livrent à des pratiques aussi anciennes que barbares, ils devront être condamnés et jugés.

La levée provisoire des blocus imposés aux civils était un des points clé des négociations politiques qui ont été suspendues à Genève, alors qu'elles avaient à peine commencé. Autrement dit, affamer des populations ou accepter qu'on puisse les secourir est devenu un outil aussi dangereux qu’inacceptable dans des négociations de paix.

Une aide humanitaire dérisoire

Il faut bien reconnaître qu’à part quelques actions ponctuelles, les organisations humanitaires sont impuissantes. On se souvient des images des premiers convois de nourriture et de médicaments arrivant dans la ville Madaya, assiégée par l’armée. Près de 50 personnes y sont mortes de faim depuis début décembre. Les camions sont repartis, le siège a repris.

Les habitants de Madaya et ceux d’autres villes, assiégées par les rebelles, espèrent voir arriver d’autres camions dans les jours qui viennent. Mais rien n’est sûr. Et cette aide ponctuelle n’empêche pas les pénuries. Et puis que dire alors des villes comme Deir Ezzor assiégées par l’organisation terroriste Etat Islamique. Là, il n’est même pas question de pouvoir fournir une aide ponctuelle.

On craint que la famine s’installe en Syrie dans les semaines qui viennent. Selon plusieurs organisations humanitaires, les villes et les régions encerclées seraient sous-estimées par les nations Unies.

Des ONG qui reprochent aussi à l’ONU d’attendre bien trop longtemps avant d’intervenir et de mettre en place des couloirs humanitaires pour soulager la souffrance des hommes, des femmes et des enfants pris au piège.

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