L'impossible "coalition FEB"

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Quelle différence y a-t-il entre un Ce sera soit le PS sans la N-VA, soit la N-VA sans le PS prononcé le 20 mai et un Que ce soit clair : le PS ne souhaite pas gouverner avec la N-VA précisé sur Twitter un 13 juin ?

Des élections, pardi ! allez-vous répondre… ce n’est pas faux mais sans doute beaucoup plus compliqué que cela.

Piège

Au Parti Socialiste, on sent qu’un piège se referme. Le parti voulait gouverner le " plus à gauche possible " et risque de se retrouver très bientôt avec le MR et la N-VA dans les pieds !

Avec le scrutin et le début des négociations, le PS a gagné quelque chose qui était loin d’être acquis avant les élections : il a la main sur les négociations et il est quasiment incontournable dans toutes les configurations. Et ce, alors qu’il a réalisé le plus mauvais score de son histoire ! Mais il faut à présent réussir les négociations. Cela se complique.

La Wallonie n’est pas Bruxelles

Dans la région-capitale, l’affaire s’emmanche plutôt bien. L’axe PS-ECOLO fonctionne, au point qu’il a fallu freiner les négociations en attendant de voir comment cela évolue aux autres étages de la " maison Belgique ". DéFI semble l’appoint désigné… sauf si à un moment il faut faire de place aux libéraux et constituer des majorités identiques dans les deux régions et à la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Comme on pouvait s’y attendre, le PTB a envoyé le PS wallon sur les roses. Élio Di Rupo et surtout Paul Magnette tentent de persuader qu’un gouvernement wallon minoritaire reste possible, ils vont devoir constater que cela n’est ni dans les mœurs locales ni commode à pratiquer, notamment face au fédéral ou à la Flandre sauce N-VA. Il faut laisser le temps… et Elio Di Rupo est passé maître dans la gestion de celui-ci. Il a déjà ressorti sa maxime préférée empruntée à François Mitterrand : il faut laisser du temps au temps.

Au fédéral avec la N-VA

Du temps, il en faudra… beaucoup, avant de disposer d’un gouvernement fédéral ! Les deux informateurs royaux ne pourront que redire au roi, lundi, que la situation demeure bloquée. Cependant, il faudra beaucoup patienter (vainement ?) avant de voir émerger la " coalition FEB " emmenée par PS et N-VA, souhaitée par Pieter Timmermans.

A ce stade, ce choix ne passera pas auprès des bases des deux partis.

Bart De Wever entend alors négocier le confédéralisme, bien entendu même pas imaginable côté PS.

Ces deux-là ne sont pas près de se retrouver à une même table, mais rien ne dit qu’ils ne finissent pas par y être contraints.

L’ordre du jour risque alors d’être explosif…

 

@PhWalkowiak

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