L'hôpital des nounours - La Belge histoire dans 7 à la Une

Les fêtes approchent et vos enfants demanderont peut-être des nounours à Saint-Nicolas ou au Père Noël. Mais pourquoi ne pas penser à réparer plutôt qu'à acheter? À Namur, une infirmière très spéciale prend soin de ces peluches. Carine Bonzi les répare après des accidents, mais elle en crée aussi pour le bonheur des petits comme des grands. Nous l'avons rencontrée dans son atelier, véritable hôpital des nounours.

Travail de dentelle

Nous retrouvons Carine affairée autour d'une petite caisse en bois qui contient tous les espoirs d'un jeune garçon français, Casey. Son chien a détruit sa peluche adorée, un bourriquet réduit en lambeaux. "Sa maman, qui m'a contactée, a réussi à en trouver un autre tout neuf et tout beau, mais le petit garçon n'en veut pas, ce n'est pas son doudou, donc il faut travailler", explique Carine.

Un vrai challenge, un travail de dentelle auquel elle s'attaque à la main. Son fil et son aiguille cicatrisent les tissus de la peluche avec minutie et surtout patience. Elle a déjà passé au moins une vingtaine d'heures sur le pauvre animal et devra au moins travailler encore autant d'heures.

Caverne d'Ali Baba

Pour soigner ces doudous si précieux, Carine a accumulé les fournitures dans son hôpital à nounours. Des boîtes pleines d'yeux de toutes les tailles, des boîtes à bruits ou des boîtes à musique, et surtout des tissus de toutes les couleurs s'amoncellent dans son étonnante caverne d'Ali Baba."C'est vrai que je dois en avoir beaucoup, nous confie-t-elle. Comme je suis une artisane, mon objectif n'est pas de faire 25 licornes identiques. Il faut donc des tissus variés pour faire des animaux variés".

Ils sont le réceptacle de mes petits secrets

Grâce à ses talents de secouriste, Carine a déjà fait des miracles, rendant leur âme aux peluches les plus importantes aux yeux de leurs propriétaires. Des sauvetages qui rendent le sourire aux enfants, mais pas seulement. Ce jour-là, Martine et Michel Debar sont grands-parents et ont fait le déplacement à Namur pour confier à Carine quelques petits malades.

Dans leur boîte en carton, plusieurs peluches qui étaient stockées au grenier et qui ont reçu la visite d'un indésirable... Une souris a grignoté les souvenirs d'enfance de Martine! Des peluches datant pour certaines des années 50 et qui ont grandi avec elle.

"Ils sont le réceptacle de mes petits secrets, de mes chagrins, de mes colères parfois, précise Martine avec émotion. Ils sont passés par toutes les étapes de ma vie! Et je me dis que ça vaut la peine de les retaper et pourquoi pas de les transmettre à nos petits enfants".

Guérir un manque

Des jouets du siècle dernier qui nécessitent une certaine technique. Entièrement articulés, ils étaient pour la plupart à l'époque remplis de paille. Et Carine connaît bien ces modèles très similaires à celui qu'elle considère comme le premier homme de sa vie et qu'elle tient à nous présenter.

"Voilà la peluche que j'ai reçue à la naissance, déclare Carine en nous montrant un bel ours en peluche beige aux pattes de cuir. Il s'appelle Bruno, il a 63 ans et il m'a toujours suivie partout. Je pense que j'ai beaucoup demandé de peluches quand j'étais petite, mais je suis d'une génération où on n'en avait qu'une! En créant des peluches je suis peut-être en train de me réparer ou de me guérir de ce manque que j'ai ressenti, ça c'est certain".

Faire une peluche, c'est facile

C'est comme ça qu'il y a 15 ans, elle quitte son job dans l'enseignement pour se consacrer aux nounours. Une passion qu'elle partage notamment avec la plus jeune génération lors d'ateliers où les enfants mettent la main à la pâte et se transforment en petits infirmiers.

"Je voudrais montrer que faire une peluche c'est facile, insiste Carine. C'est tout à fait possible et c'est une chouette activité calme et douce".

Tout est possible

Puis ici, toutes les créations sont réalisables. Pantins articulés, fruits et légumes, animaux exotiques ou encore fantastiques sont nés dans l'atelier. Nous rencontrons aussi Barbara, illustratrice, venue ici pour donner vie à l'un de ses dessins pour l'offrir à son fils.

"C'est un petit fantôme que j'ai créé, précise la jeune maman. Ça va être personnalisé puis pour lui, j'espère plus tard, qu'il sera fier en se disant que sa maman l'aura fait. C'est vraiment chouette".

Une passion dévorante

Entre créations et réparations, Carine passe ses journées le nez dans les peluches et n'imagine pas une seconde fermer son hôpital si spécial.

"Quand je vois l'émotion que les gens ont en retrouvant leur jouet d'enfance, leur ami en fait, je ne voudrais pas arrêter maintenant, tant que je peux le faire je vais le faire", ajoute-t-elle avec un sourire déterminé.

Une passion dévorante qui aura vu naître et renaître des centaines de nounours entre les doigts de fée de Carine. Un rêve d'enfant devenu réalité, fournisseur de sourires et de câlins depuis 15 ans.

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