L'heure des crispations

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

 

La N-VA donnait l’impression de s’avancer tel un bulldozer vers les prochains rendez-vous électoraux mais la machine semble connaître des ratés au point de provoquer de sérieuses crispations.

Soucis

Il y a bien entendu les suites de l’affaire Schild & Vrienden, dont le parti nationaliste n’arrive pas à se dépatouiller. Si Bart De Wever a très rapidement lancé une opération d’épuration interne, d’autres membres du parti ne partagent de toute évidence pas le même sentiment. Premier concerné, Theo Francken a d’abord tenté de minimiser la portée politique de ce groupuscule, protégé l’un d’eux présent sur sa liste à Lubbeek (commune dont il est bourgmestre) avant de devoir s’en séparer, la mort dans l’âme. Après cela, c’est Rob Van de Velde (député fédéral, échevin à … Anvers, ancien de la Lijst De Decker) qui, suite à la même affaire, traite les journalistes de " rats ".

Jan Jambon et Theo Francken montrent aussi quelques signes de nervosité. Le ministre de l’Intérieur tient tellement à son centre administratif pour migrants qu’il l’ouvre coûte que coûte, sans tenir compte de l’avis des policiers. Le secrétaire d’Etat s’en prend au fonctionnement de la Justice parce qu’il a fallu relâcher  du centre 127 bis, une mère serbe et ses quatre enfants ou se profile toujours en défenseur de l’Occident.

Ces humeurs de cadres de la N-VA risquent de déteindre dans les coalitions, d’autant plus qu’électoralement, ses alliés CD&V et Open-VLD représentent ses principaux rivaux (outre le Vlaams Belang). Ceux-là ne manqueront d’appuyer où cela fait mal, tentant de profiter des soucis des nationalistes.

Rapprochements

Au MR, on tente de passer outre les dernières crispations. D’un côté, des députés tentent de se rabibocher avec le Centre d’Action Laïque après l’âpre débat sur l’IVG et de l’autre, Didier Reynders rappelle que si la N-VA a les faveurs de son parti, c’est bien parce que celle-ci n’a pas de communautaire au menu et qu’à Bruxelles, il vaut mieux que les Francophones votent pour des Francophones. Des manières différentes de rassurer un électorat qui pourrait être désorienté par quatre ans de vie de couple entre libéraux et nationalistes.

Chacun se positionne et progressivement, la cohésion des différents gouvernements passera au second plan. C’est de saison.

 

@PhWalkowiak

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