L'embarras de la N-VA au Parlement européen

On parle beaucoup des exigences de la N-VA au niveau fédéral, ou encore de ses discussions avec le Vlaams Belang au niveau flamand. Mais au niveau du Parlement européen, c’est le silence radio. Il faut dire que le parti de Bart De Wever vit une situation complexe.

La N-VA siège depuis 2014 au sein du CRE, le groupe des Conservateurs et Réformistes européens. Jusqu’ici, ce groupe politique était principalement dominé par les conservateurs britanniques. C’est d’ailleurs l’un des facteurs qui avait poussé les nationalistes flamands à le rejoindre. Mais depuis le 26 mai, la donne a sensiblement changé. Le CRE a perdu des plumes, 13 sièges au total. Les Tories n’ont plus que 4 eurodéputés, qui disparaîtront après le Brexit. La N-VA, menée par Geert Bourgeois, se retrouve soudainement en moins bonne compagnie. Son groupe politique est désormais dominé par le parti eurosceptique polonais, Droit et Justice (PiS). On y trouve aussi plusieurs petites formations d’extrême droite.

Si les nationalistes flamands ne sont pas pour une Europe aux compétences excessives, ils ne sont pas non plus eurosceptiques, et se disent par exemple favorables à la zone euro et à son marché intérieur. L’arrivée récente du populiste néerlandais Thierry Baudet parmi les Conservateurs et Réformistes européens constitue un autre obstacle. Baudet est partisan d’un ‘Nexit’, une sortie des Pays-Bas de l’Union européenne. Il est aussi connu pour ses positions contre l’avortement et l’égalité hommes-femmes, des positions qui vont à l’encontre de celles défendues par la nouvelle eurodéputée N-VA, Assita Kanko.

Quelles options ?

Le parti n’a pas vraiment l’embarras du choix. Les autres groupes du Parlement européen rassemblent soit des partis d’extrême droite, soit des familles politiques plus traditionnelles. Au centre-droit de l’échiquier, difficile d’opter pour les libéraux de l’ALDE, d’autant qu’ils sont présidés par Guy Verhofstadt. Compliqué aussi de rejoindre le Parti Populaire européen (PPE), déjà encombré par la présence du CD & V de Kris Peeters, et par l’Allemande Angela Merkel, que les troupes de Bart De Wever ont régulièrement critiquée pour sa politique migratoire.

Plan B

Il y a un mois, Jan Jambon évoquait l’idée de former un nouveau groupe politique. Les éventuels alliés de la N-VA seraient notamment les indépendantistes écossais et catalans. Mais la tâche s’avère compliquée puisque toute nouvelle fraction doit au moins rassembler 25 eurodéputés provenant de 7 pays différents. Les nationalistes flamands, qui sont passés de 4 à 3 sièges, pourraient aussi décider de ne rejoindre aucun groupe, une option qui les mettrait toutefois quasiment hors-jeu. Ce qui est sûr, c’est que le temps presse pour Geert Bourgeois. La composition du prochain Parlement européen sera fixée le 24 juin. D’ici là, de précieux postes seront partagés au sein des différentes commissions de l’assemblée. Raison de plus de ne pas traîner.

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