L'article du Knack sur Tom Meeuws et Liesbeth Homans divise la presse flamande

C'est une affaire qui a fait grand bruit la semaine dernière, après la parution dans l'hebdomadaire Knack d'un article sur la relation amoureuse entre le SP.A Tom Meeuws et la N-VA Liesbeth Homans. 

Pour ceux qui ont loupé cet énième feuilleton de la politique anversoise, petit récapitulatif : jeudi dernier, le Knack publiait un article selon lequel la N-VA s’acharnait sur le patron des socialistes anversois par souci de vengeance. Il y a quatre ans, Tom Meeuws avait en effet eu une relation extra-conjugale avec Liesbeth Homans, aujourd’hui ministre flamande des Affaires intérieures. D'après les sources du Knack, il existerait un lien direct entre la rupture de cette idylle, et les attaques répétées des nationalistes flamands contre Tom Meeuws.

Liesbeth Homans n’a pas tardé à réagir: selon elle, cette ancienne relation n’a aucune pertinence politique. Même son de cloche du côté de son président de parti, qui a qualifié le Knack de presse de caniveau, ajoutant qu’il en tiendra compte à l’avenir. Une menace qui ne surprend plus vraiment, puisque Bart De Wever a pris pour habitude de s’en prendre aux médias, même les plus sérieux. 

Éviter de faire "comme les tabloïds britanniques"

Cette fois pourtant, le leader de la N-VA n’était pas seul à dénoncer la parution de ce sujet dans la presse. Ce qui est marquant, c’est que la plupart des critiques ont émané d’autres journalistes politiques flamands, et ce malgré la position de l’association flamande des journalistes qui a défendu la rédaction du Knack.

Pour Marc Van de Looverbosch, de la VRT, l’hebdomadaire a dépassé les limites. Selon lui, il reste important d’éviter le style des tabloïds britanniques, qui plait certes au public, mais qui n’a aucun intérêt. De son côté, l’éditorialiste du Nieuwsblad, Liesbeth Van Impe, souligne que les seules personnes pour qui cette information est vraiment pertinente sont les conjoints des deux responsables politiques. Raison de plus de ne pas la relater dans la presse. Enfin, Jan Segers, du quotidien Het Laatste Nieuws, parle carrément de fake news. Il affirme: "Celui qui croit à cette histoire sous-estime l’intelligence stratégique de Bart De Wever, et surestime son dévouement émotionnel pour Liesbeth Homans".

Une presse flamande clivée

La presse flamande est donc clairement divisée sur cette question de pertinence. Une situation qui étonne d'ailleurs Koen Cornil, chargé de formation en déontologie journalistique. À ses yeux, le contexte d’une relation amoureuse ayant causé des blessures peut bel et bien avoir une incidence politique. Les médias ont dès lors le devoir d’informer le public sur les éventuelles raisons de certains agissements.

À quelques mois des élections communales, on rappellera d’ailleurs que Tom Meeuws est 2e tête de liste SP.A à Anvers, alors que Liesbeth Homans tire la liste N-VA… dans cette même commune. Un fait qui est, lui, suffisamment pertinent pour être relayé.

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