L'art subtil et aléatoire de la confection des listes électorales

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Les partis politiques peaufinent leurs listes électorales. Et si au nord du pays, tout est bouclé depuis plusieurs semaines, cela traîne quelque peu au sud. Pas d’inquiétude toutefois, le délai légal reste fixé à trente jours avant le scrutin. Mais connaître les candidats, cela permet à un parti d’entrer concrètement en campagne, aux militants de se mobiliser.

Subtils équilibres

La confection d’une liste électorale reste le résultat d’un subtil dosage entre popularité, expérience, nouveauté et bon client des médias. Dans les partis traditionnels, il est de bon ton de disposer d’un solide ancrage local. Au PS, au MR ou au cdH, c’est l’occasion de mobiliser bourgmestres et échevins. La Belgique aime le cumul politique même si on a pu se rendre compte aux dernières élections communales que bon nombre de ministres ont été sanctionnés dans les urnes. Mais la tradition est la tradition avec un côté on a toujours fait comme ça

Cela complique aussi la donne car il faut également ménager les subtilités et puisque tous les sondages annoncent les trois partis traditionnels, il y aura fatalement des déçus qui vont voir se briser une longue carrière parlementaire. C’est peut-être aussi pour cela qu’ECOLO a dressé ses listes bien avant les autres.

Le casse-tête hennuyer

Le MR vient juste de boucler ses listes. Après moults tergiversations internes, les principaux candidats libéraux retrouvent leur poste de 2014 : Charles Michel dans le BW, Didier Reynders à Bruxelles, Daniel Bacquelaine à Liège et les ministres wallons (Borsus, Jeholet, Crucke, De Bue) rempilent à la même place.

Seul changement : Olivier Chastel quitte le Hainaut pour l’Europe… et surprise, la présidence du parti. Denis Ducarme emmènera le MR hennuyer devant Marie-Christine Marghem qui pourtant réalisait un meilleur score que lui en 2014.

Pour tous, on pourra comparer la popularité après un exercice ministériel.

Mais le principal souci des trois partis traditionnels c’est de trouver de la place pour tout le monde. Ils s’attendent à perdre des députés et tous ne pourront retrouver un siège de député. Derrière Ducarme et Marghem on devrait trouver le montois Georges-Louis Bouchez. Le MR décrochait cinq sièges en 2014 et ne devrait en conserver que quatre voire trois. Il faut donc trouver une place pour le médiatique et expérimenté Richard Miller, mais faible faiseur de voix à la différence des Flahaux, Friart, Isabelle Galant, Caroline Taquin, peu connus du grand public mais qui surpassent l’ex-ministre.

Au PS hennuyer, on souffre du manque de femmes populaires, à forte présence locale. Derrière Elio Di Rupo et l’échevine tournaisienne Ludivine Dedonder, on ne risque de ne retrouver que des hommes dont le principal mérite est de disposer d’un fort ancrage local.

L’art de confectionner les listes reste finalement aussi subtil … qu’aléatoire.

 

@PhWalkowiak

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK