L'activiste belgo-iranienne Darya Safai, nouvelle égérie de la N-VA?

La N-VA l’a annoncé le week-end dernier: l’activiste belgo-iranienne Darya Safai va rejoindre les rangs des nationalistes flamands. Une nouvelle recrue qui réjouit Bart De Wever et Theo Francken. Pour comprendre pourquoi, il faut d’abord revenir sur son parcours. Darya Safai est arrivée en Belgique en 1999 en tant que réfugiée. Elle avait alors fui l’Iran, où elle avait été emprisonnée pour avoir participé à des manifestations d’étudiants.

Militante pour le droit des femmes

A Anvers, elle exerce son métier de dentiste, mais c’est surtout en militant pour le droit des femmes qu’elle se démarque. Le monde entier la découvre d’ailleurs aux Jeux Olympiques de Rio lorsque, depuis le public, elle agite une grande banderole demandant l’ouverture des stades aux femmes iraniennes. Un acte qu’elle réitère en Italie et en Pologne, où elle est interpellée, sous l’oeil des caméras. Darya Safai se fait un nom.

Elle est invitée au Parlement européen et sur des plateaux de télévision. On se rappellera d’ailleurs de son intervention musclée sur la Une en 2016: elle s’en était alors directement pris à la présidente du Sénat, Christine Defraigne, qui s’était voilée lors d’une visite officielle en Iran. 

Des apparitions médiatiques qui ont de quoi séduire la N-VA, qui tentait depuis plusieurs mois de l’embarquer dans ses rangs. Elle avait d’ailleurs été récompensée en 2016 par le Ebbenhouten Spoor, une sorte de prix du mérite attribué par la N-VA à un nouvel-arrivant. Son recrutement par le parti nationaliste flamand vient à point nommé. Car l’activiste de 42 ans possède tous les atouts pour conforter les politiques identitaire et migratoires de la N-VA.

L'islamisme, son ennemi numéro 1

Outre le fait qu’elle est déjà connue en Flandre pour ses éditos corsés, notamment sur le voile et sur l’islam, Darya Safai est l’exemple, par excellence, d’une intégration réussie. Elle le dit elle-même: aujourd’hui, elle se sent avant tout Flamande, et elle ne comprend pas les personnes issues de l’immigration qui n’adhèrent pas à notre société.

Elle décrète l’islamisme comme son ennemi numéro 1, et s’est d’ailleurs donné pour mission d’informer les Flamands sur les dangers de ce courant religieux. Enfin, la Belgo-iranienne soutient la politique de Theo Francken et s’explique: "Lorsque j’étais réfugiée, je ne pensais qu’à ma sécurité. Je trouve cela choquant que les transmigrants ne demandent pas l’asile en Belgique ". 

Elle ne refusera pas un poste de ministre

La candidate semble donc idéale pour la N-VA. Mais on ignore encore quelle sera exactement sa place au sein du parti. On ne sait pas encore si elle participera aux élections communales de 2018, mais si c’est le cas, ce sera à Wemmel, une commune à facilités où elle habite. Ce qui est certain en revanche, c’est qu’elle se présentera aux élections de 2019, sur la liste du Brabant flamand, aux côtés de Theo Francken.

Darya Safai l’a d’ores et déjà annoncé: elle ne refusera pas un poste de ministre. Au vu de son ambition, de son charisme et de sa maîtrise des deux langues nationales, rien ne semble aujourd’hui pouvoir arrêter cette ancienne réfugiée.

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