Kazakhgate : "Armand De Decker n'a pas pu faire tout ça tout seul...."

Le député fédéral Ecolo, Georges Gilkinet, était l'invité de Jeudi en Prime (JEP). Il est revenu sur l'affaire Publifin, du nom de cette tentaculaire intercommunale liégeoise. Il a admis que les Verts comme les autres partis ont participé à la mise en place du "système Publifin", mais contrairement aux autres ils n'ont jamais eu accès aux fameux comités de secteur tant décriés.

"Nous n'avions pas accès aux informations, pourtant nous nous sommes battus pour obtenir des informations auprès de Tecteo". Et Georges Gilkinet de souligner une rétention d'infos quasi menaçante. "Du coup, nous n'étions pas au courant qu'on était si grassement rémunéré dans ces comités de secteurs".  Le député se dit en colère contre "le PS, le MR et le CdH, les seuls responsables dans le dossier 'Publifin'". Par ailleurs, l'Ecolo réfute tout amalgame, pour lui, le fait que Jean-Michel Javaux (Ecolo) soit bourgmestre mais aussi président de Meusinvest n'a rien de problématique, "ce sont des mandats tout à fait compatibles. Par ailleurs, tout se fait dans la transparence".

Les cas Moreau et Furlan

A l'instar de Laurette Onkelinx (PS), Georges Gilkinet estime aussi que Stéphane Moreau (qui est aussi bourgmestre d'Ans) doit démissionner de Publifin. "Mais ce n'est qu'un aspect du problème, il faut surtout sortir d'un système aussi opaque". Et il n'est pas convaincu que cela pourra se faire avec Paul Furlan (PS), le ministre wallon des Pouvoirs locaux, "dont il faut d'abord reconnaître la responsabilité dans cette affaire." Comme son parti, Georges Gilkinet plaide pour un remplacement de Paul Furlan par une personnalité sans couleur politique, "un expert indépendant".

Armand et Didier

Membre de la commission d'enquête parlementaire sur la transaction pénale, dite aussi "commission Kazakhgate", Georges Gilkinet est convaincu qu'on est là face "à une vrai affaire d'Etat, dans laquelle la souveraineté du pays a été mise à mal". Alors que la Commission, après une mise en place laborieuse, entame à peine ses travaux, le commissaire Ecolo a l'intime conviction qu'un des principaux protagonistes de cette affaire - le bourgmestre d'Uccle Armand De Decker (MR) - "n'a pas pu faire tout ça tout seul".

Pour mémoire, Armand De Decker est soupçonné de trafic d'influences dans le but de faciliter l'adoption d'une loi sur la transaction pénale afin d'aider le milliardaire Belgo-Kazakh Patokh Chodiev en posture délicate avec la justice belge.  Dans cette affaire qui trouve ses origines en France et qui fait là-bas aussi l'objet d'une enquête judiciaire, Georges Gilkinet - qui a épluché les dossiers - constate que parmi les nombreux noms cités, celui de Didier Reynders (MR), actuel ministre des Affaires étrangères, revient à plusieurs reprises. "Je ne veux à ce stade-ci préjuger de rien, mais il me semble évident que Didier Reynders doit être entendu par la Commission".

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