Johnny, la belle-mère et l'héritage: le cocktail qui finit mal

La grande bataille juridique aura bien lieu autour de l’héritage de Johnny Hallyday. D’un coté Laeticia Hallyday sa dernière épouse. De l’autre David et Laura les enfants que le chanteur a eu avec Sylvie Vartan et Nathalie Baye. l’affaire est à l’image du rockeur : passionnelle et démesurée.

L’hommage national à Johnny Hallyday avait donné le ton. Des centaines de motards en tatouages et blousons de cuir, mais aussi des hommes politiques et des ministres en costumes et cravates. Des musiciens pour l’esprit rock’n’roll mais aussi un curé pour l’aspect religieux. Une cérémonie au cœur de Paris, avec descente des Champs-Elysées pour le grand public mais un enterrement à Saint-Barthélemy, une île de milliardaires, dans l’intimité. La mobilisation des grands moyens de la République Française pour rendre hommage à un chanteur d’origine belge qui s’était établit en Suisse pour payer moins d’impôts n’est pas le moindre des paradoxes.

Derrière Johnny Hallyday, il y a évidemment une fortune. Un patrimoine immobilier conséquent avec des villas à saint Tropez, à Marnes-la-Coquette, à Los Angeles, à Gstad (en Suisse), sans oublier des dividendes de ventes d’album ou de diffusion de ses titres  (on parle de 200.000 euros par an ces dernières années). Des dettes aussi, puisque le fisc français lui réclamait 9 millions. Au total on parle quand même d’une centaine de millions d’euros. Bienvenue dans l’arrière-cuisine de la famille Hallyday. Celle où sont sortis les couteaux et où tous les comportements ne sont pas forcément exemplaires.

Si le testament de Johnny passionne la presse people, c’est parce qu’il renvoie à des questions que nous nous posons tous.

Il ne faut pas se mentir : il y a du voyeurisme dans la dimension que prend la couverture par la presse  cette affaire. Voir Laeticia se déchirer avec David et Laura, les appeler par leurs prénoms comme s’ils faisaient partie de nos proches, suivre leurs déclarations, vivre leurs émotions par procuration a un petit côté obscène, mais c’est le propre de l’actualité people.

On aime ou on n’aime pas, on suit ou on ne suit pas. Si l’affaire a une telle résonance c’est sans doute parce qu’elle renvoie à des figures et des craintes universelles ou presque. La méchante belle-maman qui spolie les enfants d’un premier mariage. Les enfants qui se sont éloignés de leur père mais qui s’en rapprochent en fin de vie.  Ces situations parlent à beaucoup monde. La complexité d’une famille recomposée et l’interrogation sur la bonne manière de gérer l’après décès aussi.

Est-ce que la situation de la famille Hallyday serait possible en Belgique ?

On va tout de suite répondre non. En Belgique (comme en France, c’est l’héritage – justement-  du code Napoléon), il existe une part réservée pour les enfants du défunt. Une part qu’on ne peut pas retirer, même en cas de testament. Aujourd’hui cette réserve représente la moitié de l’héritage pour un enfant. Les deux tiers pour 2 enfants, les ¾ pour 3 enfants et plus.

Attention toutes ces règles vont changer au premier septembre, la part réservée aux enfants sera ramenée à 50% dans tous les cas de figure. Si Johnny était devenu belge et si la succession avait été réglée en Belgique Laeticia n’aurait pu bénéficier que d’un quart de la fortune de son mari. Ce n’est pas le cas. Non seulement Johnny n’est pas belge, mais il a déposé un testament en Californie. Laeticia peut donc estimer que le droit californien s’applique.

Et pour que les choses soient encore moins simples il faut distinguer le patrimoine actuel des revenus futurs. Un album posthume est en cours de préparation. Des compilations sont à prévoir. Les droits d’auteur continueront d’alimenter les comptes en banque. De quoi alimenter quelques belles batailles devant les tribunaux. Les histoires de successions des grandes stars sont un peu comme nos histoires d’amour. Elles finissent mal, en général.

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