Christian De Valkeneer, procureur général: "L'inscription 'gendarmerie' sur les deux caisses nous interpelle"

Christian De Valkeneer, le procureur général de Liège, était l’invité de Jeudi en Prime ce jeudi à 20h00. Christian De Valkeneer est docteur en droit. Avant de devenir procureur général de Liège, il a été procureur du Roi de Charleroi. Il a travaillé notamment sur une septantaine de dossiers dits "politiques". En ce moment, il mène l’information judiciaire ouverte dans le dossier Publifin. Il est aussi en charge du dossier des tueries du Brabant.

C’est ce dossier qui a été abordé dans l’entretien mené par Johanne Montay et François De Brigode. Ensemble, ils ont fait le point sur l’enquête.

Deux boîtes en métal comportant une inscription "gendarmerie" dont l’une contenait un millier de cartouches de 9 mm et un sac plastique contenant un riot-gun et une arme de poing ont été découverts en mai dernier dans le canal de Bruxelles-Charleroi.

Qu’est-ce que ces armes pourraient apporter à l'enquête? Christian De Valkeneer se veut prudent : "Le canal est un lieu emblématique dans le dossier du Brabant, c’est certain. Mais il n’y a aucune certitude que ces armes aient été utilisées par les tueurs du Brabant. C’est évidemment quelque chose d’intéressant (…) et l’inscription "gendarmerie" sur les deux caisses nous interpelle".

Pour le moment, il est encore trop tôt pour évaluer la durée du séjour dans l’eau de ces éléments. "Des éléments repêchés par des citoyens", précise-t-il. "C’est la preuve que des gens détiennent peut-être des objets qu’ils ont découverts".

Une manipulation de l’enquête ?

Quelques jours après les déclarations du frère de celui que tout le monde connaît sous le pseudonyme de "Géant", des déclarations qui ont relancé l’enquête, des armes sont retrouvés dans le canal. Coïncidence ?

"On ne s’attendait pas à ce volcan médiatique et quelque part, on n’a pas cessé de lancer des appels à la population en disant à ceux qui ont des informations, venez nous voir. (..) Nous sommes convaincus qu’une série de personne détient encore de bonnes informations."

Un statut de repenti pourrait-il faire avancer les choses ? A cette question, Christian De Valkeneer répond: "C’est certain que lorsqu'il y aura un statut de repenti, cela permettra peut-être à des gens qui ont une implication dans les faits de rapporter un certain nombre d’informations".

En ce qui concerne le géant, Christian De Valkeneer affirme. "Nous avons vérifié plusieurs informations pour valider les déclarations de son frère (…) il faut être prudent mais plusieurs faits concordent (..) S’il est avéré qu’il a participé aux tueries du Brabant, c’est une piste intéressante."

Par ailleurs, Christian De Valkeneer parle de manipulation externe. "Nous avons de très bonnes raisons de penser qu’il y a eu des manipulations externes. Des gens de l’extérieur qui ont, sans doute, voulu mettre des bâtons dans les roues de la justice. (..) Nous n’avons pas par contre d’éléments concernant des enquêteurs qui auraient pu manipuler l’enquête de l’intérieur."

Christian de Valkeneer conclut: "La seconde vague de l’affaire des tueries du Brabant, en 1985, n’est sans doute pas la même qu’en 1982 et 1983. La seconde vague n’est pas un cas de banditisme classique. On ne tue pas sans la moindre raison des enfants qui ne constituent pas un obstacle à l’accomplissement des faits. (..) on a voulu faire peur dans cette deuxième vague".

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