Jeu de dupes entre Sambre et Meuse

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Le PTB a été mis hors course des négociations fédérales, il attend désormais que ce soit le cas au niveau wallon et bruxellois. Cette issue fait peu de doute, il reste aux protagonistes à en écrire le récit. Au PS de démontrer qu’il a tout tenté pour constituer la majorité la "plus à gauche possible" et au PTB qu’il était bel et bien disposé à gouverner mais son partenaire socialiste n’était pas prêt à la rupture souhaitée.

Tout est dans la posture

A quelles concessions le PTB serait-il prêt ? Jusqu’où le PS peut aller dans le marxisme pur et dur ?

A ce stade, chacun se jauge. Mais il va progressivement apparaître que ces deux-là ne peuvent s’entendre. Le PS reste un parti de pouvoir là où le PTB s’apparente bien plus à un mouvement de protestation qui promeut la lutte sociale. Le PS peut s’entendre avec l’Union wallonne des entreprises, pas le PTB.

Les exigences mises sur la table par Raoul Hedebouw : construction massive de logements publics, sortir les TEC des normes européennes, la fin des partenariats publics-privés, la division par deux des salaires des parlementaires, etc. deviennent autant d’obstacles.

Rivaux

Le PS reste certes le premier parti de Bruxelles et de Wallonie mais il n’a jamais été aussi bas et ce qu’il a perdu l’a été au profit du PTB, essentiellement dans le Hainaut et à Liège. Le parti socialiste tentera donc de démontrer que le vote PTB est un vote "perdu". De même, si Ecolo a de nouveau bien progressé, les résultats des verts sont nettement moins bons là où le PTB est fort (Borinage, Centre, Charleroi et bassin liégeois).

Les cadres du parti socialiste ne prêchent certainement pas pour un rapprochement avec les "communistes". Il reste à démontrer qu’une tentative d’alliance a bel et bien eu lieu mais il sera très compliqué à Elio Di Rupo et Paul Magnette d’expliquer que le PS se tourne finalement vers les libéraux, faute de communistes ! Le grand écart sera douloureux.

De même chez Ecolo, on ne montre guère d’empressement à une alliance éventuelle avec le PTB, pas plus qu’avec le MR.

Tout cela prendra donc encore un certain temps. Mais en 541 jours de crise en 2010-2011, Elio Di Rupo a appris à patienter pour arriver à ses fins.

 

@PhWalkowiak

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