"Je vais bien, tout va bien" (air connu)

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

A l’instar de l’instituteur face aux deux garnements turbulents et chamailleurs de sa classe, Charles Michel a donc quelque peu forcé Wouter Beke et Bart De Wever à se serrer la main et à mettre fin à leurs disputes répétées. Le temps jugera de la sincérité de cette pacification.

Coup de déprime

Pourtant, pendant longtemps tant au MR qu’au 16, on répétait que ces querelles de parti n’étaient pas celles du gouvernement dans lequel l’état d’esprit était constructif et positif. Cette fois, le Premier Ministre a bien dû se rendre à l’évidence et convoquer deux des "belles-mères" de sa coalition.

Les pesterijen entre les deux principaux partis flamands menacent l’équilibre du gouvernement et risquent d'handicaper gravement son action.

Le patronat, qui voyait en cette majorité cohérente idéologiquement le prolongement politique de ses ambitions socio-économiques, commence à s’inquiéter, allant même jusqu'à constater que l'équipe Michel était déjà en quelque sorte en "affaires courantes".

De plus, le même jour, il fallait bien constater que la Belgique ne remettrait pas ses finances à l'équilibre en 2018, comme les partis de la coalition fédérale s'étaient jurés de le faire, n'hésitant pas à fustiger tous ceux qui avaient l'outrecuidance de remettre en cause ce dogme budgétaire.

Se remettre à avancer

Le comité de concertation de ce mercredi a aussi entériné l'absence d'accord sur le survol de Bruxelles, le MR se retrouvant isolé face à ses trois alliés flamands.

Depuis les accords budgétaires engrangés au cœur de l'été dernier, Charles Michel a dû se contenter du service minimum, miné par les différends entre nationalistes et chrétiens-démocrates flamands, contraint même de devoir retarder son discours de rentrée parlementaire. Les accords engrangés depuis étaient minimalistes, faute de s’entendre notamment sur une baisse de l’impôt des sociétés (N-VA) ou une taxation des plus-values (CD&V). Ce tir croisé devenait potentiellement mortifère pour la coalition, Charles Michel se devait de mettre le holà et indiquer les futurs objectifs. C’est chose faite mais il reste à concrétiser tout cela. A ce stade, on peut légitimement douter de la sincérité des deux partis qui deviendront de plus en plus nerveux au fur et à mesure que se rapprocheront les échéances électorales. L’arrivée de Kris Peeters sur le terrain communal anversois n’est pas faite pour détendre Bart De Wever. Avec ces deux-là, Charles Michel peut simplement croiser les doigts, avancer, tenter de faire aboutir les dossiers et comme Dany Boon dans son spectacle, répéter le sourire crispé … je vais bien, tout va bien

@PhWalkowiak

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