Jambon Premier

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

La N-VA prête à investir le 16, rue de la Loi. Les nationalistes prêts à occuper le poste qu’ils ont ouvertement refusé en 2014. Mais des nationalistes qui n’entendent pas y placer leur leader comme n’importe quel autre formation " belge ". Le président de la N-VA se réserve la Flandre ; le second choix ce sera pour un de ses fidèles lieutenants : Jan Jambon, vice-premier jusqu’en décembre dernier.

Premier…

L’intéressé se justifie : Il y a cinq ans c’était impossible à faire entendre au sud du pays. Venir avec un drapeau nationaliste et demander le 16, rue de la Loi. Mais depuis, nous avons tout de même démontré que nous étions de bons gestionnaires, responsables allusion au quitus délivré régulièrement par le partenaire MR mais aussi par certains opposants.

Cela n’empêche pas le candidat de considérer la présence de Charles Michel au 16 comme un " erreur " : la Belgique a besoin que le Premier ministre de ce pays vienne du plus grand parti ; cela a été une " faute de construction " du précédent gouvernement qui a mené à des blocages, des retards, de l’inefficacité. C’est la logique que quand l’électeur distribue ainsi les cartes, le plus grand parti désigné mène le gouvernement.

Or on sait que le libéral se verrait bien se succéder à lui-même et qu’en cette matière, même si tous diront que " l’électeur tranchera ", la règle c’est … qu’il n’y en pas vraiment et ce d’autant plus que le dernier gouvernement a cassé quelques codes, us et coutumes. En 2014, Charles Michel a obtenu le poste après que la N-VA et le CD&V l’ont décliné.

… ou pas

En se profilant aussi ouvertement (ce qui reste rare pour quelqu’un qui n’occupe pas le poste), que cherche réellement la N-VA ? Si le Premier provient effectivement du plus grand parti, les nationalistes partent gagnant. En 2014, la N-VA décrochait 33 sièges de député pour 20 au MR.

C’est un truisme : il faudra avant tout constituer une majorité. Et donc avec qui la N-VA est prête à gouverner ? et surtout pour quoi faire ? Les Francophones resteront-ils ultra-minoritaires dans la future coalition ? Ou finira-t-on sur une nouvelle réforme de l’état ?

Il est patent que la N-VA tentera de constituer rapidement une coalition en Flandre pour peser ensuite sur les négociations fédérales qui prennent toujours plus de temps. L’entente entre partis francophones n’est pas bonne et l’éparpillement des voix qui s’annonce au sud du pays compliquerait d’autant la constitution des différents gouvernements.

Jambon au 16, c’est avant tout une posture de campagne électorale. La suite se déroulera discrètement après le 26 mai. Quand l’électeur n’aura plus rien à dire.

@PhWalkowiak

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