Italie: arrestation de 2 membres présumés d'Al-Qaïda, connus en Belgique

Deux Français emprisonnés depuis six mois à Bari (sud de l'Italie) ont été accusés mardi par le Parquet d'appartenir à une cellule terroriste liée à Al-Qaïda qui préparait des attentats en France et en Angleterre, a annoncé la préfecture de police locale. Les deux hommes étaient connus en Belgique où leurs activités au Centre islamique belge (Molenbeek) leur avaient valu des démêlés avec la justice belge.

Les deux hommes sont Bassam Ayachi, un Syrien de 62 ans ayant obtenu la citoyenneté française, et un Français de 33 ans, Raphaël Gendron.

"Bassam Ayachi semble être un des guides spirituels à l'échelle européenne tandis que Raphaël Gendron, expert informatique, avait un rôle important dans la propagande médiatique", précise un communiqué de la préfecture.

Ils avaient été arrêtés dans le port de Bari en novembre dernier après après la découverte dans leur véhicule, alors qu'ils arrivaient de Grèce, de trois Palestiniens et de deux Syriens.

A l'issue d'une enquête menée par les magistrats Roberto Rossi et Francesca Romana notamment à partir de documents trouvés dans le camping-car, les deux hommes se sont vus signifier mardi dans leur cellule de nouveaux chefs d'accusation, notamment d'avoir "projeté et organisé des attentats terroristes et des actions de guérilla".

Cette enquête a permis, selon la préfecture de police, de démontrer "l'adhésion concrète des deux hommes à l'organisation terroriste internationale appelée +Al Qaïda+".

La cellule que les deux hommes sont accusés d'avoir dirigée aurait notamment prévu de prendre pour cible l'aéroport parisien de Roissy-Charles-de-Gaulle.

Disposant "d'armes et notamment d'explosifs", ils auraient également mis en place un réseau pour enrôler et entraîner des personnes "prêtes à commettre des actions suicide ou à combattre en Irak et en Afghanistan".

Les deux hommes sont connus en Belgique.

Venant de France, Bassam Ayachi, s'est établi au début des années 1990 à Molenbeek-Saint-Jean. Il y tenait un discours radical. Il a fréquenté le Tunisien Abdessatar Dahmane, parti de Belgique en Afghanistan pour commettre, le 9 septembre 2001, avec une autre personne venue de Belgique, un attentat suicide contre le commandant afghan Massoud.

Bassam Ayachi avait notamment présenté à Dahmane la femme qui deviendra son épouse, Malika El Aroud, qui fait à nouveau l'objet d'une instruction en Belgique pour terrorisme. Bassam Ayachi aurait également "béni" d'autres mariages dans la mouvance islamique radicale.

Les mariages arrangés sont un pan essentiel de la stratégie des recruteurs salafistes. Ils permettent de tisser un réseau solide et flexible, parce que fondé sur des liens interpersonnels.

En 2006, les activités de Bassam Ayachi, actif au Centre islamique de Belgique établi à Molenbeek-Saint-Jean, ont fait l'objet de perquisitions. Elles s'inscrivaient dans la lutte contre le radicalisme et non contre le terrorisme. Des pratiques d'endoctrinement contraires aux valeurs occidentales, des mariages religieux contraires aux lois belges, des pratiques médicales parallèles comme l'exorcisme, des discours de haine repris sur des sites internet avaient été mis au jour.

Bassam Ayachi n'avait pas été retrouvé: il avait fui le pays, peut-être pour la Syrie, estimaient alors les enquêteurs.

Raphaël Gendron est également très connu en Belgique. Il a été condamné en janvier - avec Abdel Rahman Ayachi, fils de Bassam Ayachi - par la Cour d'appel pour incitation à la haine raciale à 2.000 euros d'amende. Les faits avaient été commis alors qu'ils étaient responsables du site internet du Centre islamique belge, assabyle.com. Ils avaient été acquittés de négationnisme.

Les faits pour lesquels les deux hommes avaient été condamnés avaient trait à un texte intitulé "La fin du peuple d'Israël", diffusé sur assabyle.com. Les Juifs y étaient qualifiés de "mécréants, ennemis, corrompus, maudits, rebelles, ambitieux, sournois, indignes, lâches (...) des singes et des porcs".

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