Intelligence collective: les femmes l'avenir des entreprises

Intelligence collective: les femmes l'avenir des entreprises
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Dans son ouvrage intitulé "Super Collectif", Emile Servan Schreiber avance qu'une clé serait d’ouvrir les équipes dans les entreprises aux femmes et à la diversité pour atteindre une efficacité maximale.

Une étude toute récente menée par l’ULB et l’Umons sur les femmes dans la carrière de journalistes établit qu’elles quittent la profession à cause de la précarité, de la ségrégation, ou encore des stéréotypes dans un milieu considéré encore comme un bastion masculin. Pourtant on a besoin d’elles, dans les rédactions comme ailleurs.

Emile Servan-Schreiber, docteur en psychologie cognitive, remet au gout du jour l’importance de l‘intelligence collective dans un monde hyper connecté, au cœur de laquelle, il place les femmes. Et avec la vague #meetoo, son livre reçoit un écho supplémentaire.

Deux décennies de développement technologique ont rapproché les cerveaux et densifié le réseau des intelligences connectées. Mais grâce à la présence des femmes dans des équipes masculines, des solutions à des problèmes sont trouvées plus vite. Leur présence optimise la collaboration.

En fait, la diversité de modèles mentaux différents permet aux connaissances de chacun de s’additionner, mais aussi d’annuler les biais individuels, à travers la confrontation. Plus on est, meilleur on est. Mais ajoute-t-il, il faut beaucoup d’indépendance d’esprit : il est indispensable d’encourager et d’accepter l’anticonformisme. 

La confrontation des points de vue permet donc de développer de nouveaux savoirs

On peut remplacer une expertise très pointue par beaucoup d’expertises plus diffuses et obtenir de très bons résultats. Servan-Schreiber cite l’exemple de 14 étudiants en droit qui ont réussi à faire aussi bien que le jugement d’un avocat très expérimenté. En fait les expériences menées démontrent que l’intelligence du groupe n’est pas liée à la moyenne de l’intelligence des individus, ni même à celle du membre le plus brillant. Vous pouvez avoir un QI de 160 et être une quille pour ce type de compétence.

Trois facteurs sont déterminants : la sensibilité sociale, la répartition des temps de paroles (un individu qui monopolise la parole fait chuter l’intelligence du groupe) et la présence des femmes. Ces dernières facilitent l’échange d’idées et les processus collectifs. 

Ne pas essentialiser les compétences des femmes

Ces compétences ne sont pas innées. Elles sont dues au fait que les femmes appartiennent à un groupe minorisé et sont socialisées différemment. Les parents, notamment, développent des compétences émotionnelles différentes chez leur fille ou chez leur garçon.

On apprend à la fille à soigner, à s'occuper de sa poupée. Les filles seront donc plus appliquées, plus à l’écoute. Un garçon, recevra plutôt une panoplie de héros qui développeront sa confiance en lui et sa force même s'il aurait plutôt envie de jouer à la poupée.

Résultat : les enfants n’auront pas les mêmes compétences émotionnelles. Il est établi que les entreprises les plus innovantes sont celles qui impliquent le plus d’employés pour trouver de nouvelles idées. 

La plupart des décisions prises par des groupes masculins sont bonnes (58%), cela monte à 73% s’il y a des femmes, 80% si le panel d’âge est varié et 87% si les origines sont différentes. De quoi inspirer les milieux professionnels à davantage se diversifier, ce qui ne peut qu'augmenter leur efficacité... en même temps que la justice sociale.

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