Intégration, immigration, thèmes de nos campagnes

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Le ton est donné.

La prochaine campagne électorale ou plutôt la double campagne " communales octobre 2018-législatives/régionales mai 2019 " aura pour thème central : l’intégration des immigrés. En Flandre, c’est déjà le cas. Bruxelles ne manquera pas de suivre quand il sera question de la place des candidats issus de l’immigration, périphrase labellisée et la Wallonie ne pourra que suivre.

Contexte général

La Belgique n’est pas une île et elle a longtemps échappé, en tout cas dans sa partie francophone, au débat sur l’intégration des étrangers en période d’élections. Ce débat s’est retrouvé au cœur des campagnes néerlandaise et française, notre pays n’y coupera pas.

En Flandre, faute de pouvoir " engranger " des avancées concrètes sur le terrain linguistique, la N-VA a placé la question au cœur des discussions politiques de l’heure.

Il est vrai que la remontée du Vlaams Belang dans les intentions de vote pousse le parti de Bart De Wever à ne pas céder trop de terrain à l’extrême-droite sur ces thèmes. Depuis la mise en route de l’équipage fédéral, Theo Francken s’y est lourdement appliqué.

Nouvelle étape : après avoir démontré sa fermeté sur le sujet, la N-VA tente à présent à démontrer que les autres partis flamands sont " complices " des ratés de l’intégration, avec en tête le CD&V, le parti des musulmans, les chrétiens-démocrates considérant, selon les nationalistes, ces derniers comme du bétail électoral.

CD&V tiraillé

Les chrétiens-démocrates ont réagi vivement, surtout sur son aile droite (Hendrik Bogaert). Le CD&V n’a non plus pas reçu les excuses qu’il attendait de la N-VA sur le sujet. Les nationalistes vont entretenir la polémique jusqu’aux prochaines échéances électorales, même si Zuhal Demir (de plus, aux origines kurdes affirmées) qui se présentera à Genk aux communales, aura fort à faire pour convaincre et attirer la forte communauté turque locale.

La N-VA a trouvé un angle d’attaque susceptible d’affaiblir le CD&V, elle ne va pas le lâcher ! Quitte à faire connaître au gouvernement Michel une (longue) période troublée.

Les patrons se plaignent de voir déjà le gouvernement fédéral en " affaires courantes ". De par la configuration particulière de cette coalition, Charles Michel n'a finalement que peu de prises sur cette querelle actuellement très flamando-flamande.

L’affaiblissement du Parti Socialiste bénéficierait également au MR, à condition que les libéraux francophones ne sortent pas trop meurtris des affaires Kazakhgate et Publifin. Sur les thèmes de l’intégration et de l’immigration, le MR pourrait jouer sa partition face à un CDH ou un PS que l’air du temps pourrait desservir.

 

@PhWalkowiak

 

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