Inondations : le défi à la Wallonie

 

Les inondations (et leurs conséquences) agissent comme un énième " stress-test " d’institutions le plus souvent bricolées à la hâte, au gré de circonstances particulières.

Après s’en être retiré, le gouvernement fédéral (son aile flamande surtout, les Francophones sont en vacances) s’impose à nouveau dans la gestion de la crise, la Wallonie se retrouve devant le fait accompli tout en s’interrogeant sur ses réelles capacités à gérer une catastrophe à plusieurs centaines de millions d’euros de dégâts.

Face à un évènement d’une ampleur historique, l’heure reste bien à la débrouille.

Improvisation forcée

Face à un évènement d’une ampleur inédite, il a fallu s’adapter. Le système institutionnel belge n’est pas conçu pour gérer une telle situation. Les compétences sont éclatées et dans notre système, aucun niveau de pouvoir n’a de prise sur l’autre. La Wallonie se retrouve à devoir gérer seule la catastrophe mais d’importants moyens (armée, police, protection civile, etc.) échappent à sa sphère.

Dans l’urgence, le gouvernement a désigné deux commissaires (une PS, une MR) à la Reconstruction mais le contour de leur mission reste un " work in progress " aux contours flous, qui se construit de jour en jour.

Dans n’importe quel pays, même fédéral comme la Suisse ou l’Allemagne, par exemple, le pouvoir central aurait mobilisé d’importants moyens, au niveau de l’ensemble du pays. Ici, le gouvernement fédéral a cessé son intervention le 26 juillet.

Dès lors, la gestion de la catastrophe se transforme en succédané de Comité de Concertation, entre Wallonie et Fédéral, avec de surcroît la pression politique d’une Flandre où la N-VA n’a de cesse de rappeler que ce modèle belge " ne fonctionne pas ".

Action forcément limitée

La Wallonie dispose-t-elle des moyens pour se reconstruire ? Déjà, avant les inondations, l’heure était encore à un énième plan de relance. Celui-ci n’a-t-il pas été finalement emporté par les eaux de la Vesdre ? Plus de 15.000 personnes sont à reloger d’urgence, la reconstruction prendra des années et coûtera de plusieurs centaines de millions à plus d’un milliard d’euros.

Reste la gestion du Fonds des Calamités, régionalisé par la grâce de la Sixième Réforme de l’état. La Flandre a provisionné près de 200 millions. La Wallonie semble in extremis, l’avoir fait il y a peu. Mais tout cela risque de demeurer très insuffisant. La Wallonie se retrouve à négocier un rabais avec les compagnies d’assurance, dès lors en position de force.

Ebranlée par la pandémie, dévastée par des inondations, la Wallonie peut-elle trouver les ressources nécessaires ? Il est de plus en plus clair que la région ne peut compter que sur elle-même. Le défi peut être salvateur mais il impliquerait une mobilisation unanime de tous les acteurs, privés comme publics, à tous les niveaux de la société. Une mobilisation à laquelle la Wallonie ne nous a pas habitués.

Mais à circonstances exceptionnelles, …

 

@PhWalkowiak

Extrait JT du 23/07/2021:

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